
AFRICALEADNEWS – (Sénégal) Le Rapport National de Compétitivité Durable (RNCS) 2024 évalue la compétitivité du Sénégal sur 2016-2023, révélant un retard compétitif (114e au FEM ; 109e selon Solability) qui appelle à des réformes urgentes. Le rapport, structuré autour de quatre piliers (Performances, Déterminants, Relais, Écosystème), souligne l’urgence de réformes pour renforcer la compétitivité et atteindre les ODD.
Performances Socioéconomiques et Environnementales
Malgré une croissance économique dynamique (sauf en 2020), le Sénégal fait face à un endettement croissant (au-dessus de la norme UEMOA) et à une faible croissance de la richesse par habitant. Seules 3% des entreprises opèrent dans le formel, bien que ces dernières aient vu leur chiffre d’affaires augmenter de 78,8% entre 2016 et 2022.
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Social : Le taux de pauvreté a légèrement baissé (à 37,5 % en 2022), tout comme les inégalités de revenu. Cependant, le taux de chômage reste élevé (23,6 % en 2021) et la couverture sociale est faible (19,9 %). Des progrès sont notés dans l’accès à l’eau, à l’électricité et la nutrition.
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Environnement : Les performances environnementales ont montré une nette reprise récente, le pays passant du 155e au 100e rang en 2024.
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Déterminants Fondamentaux : Les Leviers d’Action
Les leviers directs pour améliorer la compétitivité montrent des forces et des faiblesses :
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Cadre Institutionnel : Le Sénégal conserve une position favorable en gouvernance (11e à l’indice Mo Ibrahim). Cependant, le climat d’investissement est entravé par un risque pays jugé important et des défis sur l’environnement fiscal et les coûts des procédures d’affaires.
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Capital Humain : C’est un point de vigilance crucial (138e/173 selon la Banque Mondiale), dû au faible taux d’alphabétisation (57,7 %) et à la qualité des services de santé.
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Investissements et Infrastructures : L’investissement privé s’est fortement accru (34,4 % du PIB en 2023), compensant la baisse de l’investissement public. La qualité des infrastructures (routières, aéroportuaires, portuaires) s’est globalement améliorée.
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R&D et Digitalisation : Le Sénégal est bien positionné en R&D et fait preuve d’une forte performance en digitalisation (12e en Afrique), bien qu’en retrait sur l’administration en ligne.
Relais et Écosystème : Déficits et Disparités
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Commerce Extérieur : La balance commerciale est structurellement déficitaire et s’est fortement aggravée. Le pays se maintient néanmoins à un rang moyen (85e) pour la complexité des produits exportés.
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Dynamique Entrepreneuriale : La tendance est positive (plus d’ouvertures que de fermetures), mais la densité entrepreneuriale est très faible (1,3 entreprise pour 1000 actifs).
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Territorialisation : La richesse et les entreprises sont fortement concentrées (Dakar, Thiès, Diourbel totalisent près de 60 % des entreprises). L’État tente de remédier à cela par les ZES et les Agropoles.
Recommandations Clés : La Feuille de Route
Le rapport formule des recommandations prioritaires :
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Gouvernance : Accélérer les réformes de l’État de droit, renforcer la lutte contre la corruption et simplifier la réglementation.
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Capital Humain : Investir massivement dans l’éducation de base, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, et renforcer les filets de protection sociale.
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Commerce/Entreprises : Réduire la dépendance aux importations, diversifier les exportations, développer le label « Made in Senegal » et augmenter la densité entrepreneuriale formelle en facilitant l’accès au financement et la formalisation.
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Durabilité : Investir dans l’adaptation au changement climatique, gérer durablement les ressources et développer les énergies renouvelables.



