A la unePolitique

Balla Moussa Fofana: « les territoires n’ont pas encore libéré toutes leurs énergies »

Balla Moussa Fofana: "les territoires n’ont pas encore libéré toutes leurs énergies"

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) Le ministre de l’Urbanisme et des Collectivités Territoriales, Balla Moussa Fofana a présidé ce lundi la journée de travail, de synthèse et de consolidation des comptes rendus des concertations sur les pôles territoires.

Selon le ministre: « Il est des héritages qui honorent, et des défis qui appellent à l’audace. Depuis l’aube de notre indépendance, une quête fondamentale anime notre nation : celle d’un Sénégal uni, mais surtout d’un Sénégal équilibré. Une république où chaque territoire, chaque terroir, chaque citoyen où qu’il se trouve, participe pleinement à l’écriture de notre destin commun. Nous avons bâti, réforme après réforme, les fondations de cette décentralisation. Pourtant, une vérité persiste : l’énergie de nos régions est encore en jachère, étouffée par des déséquilibres historiques qui concentrent opportunités et populations sur une infime partie de notre territoire.

Depuis plus d’ un demi-siècle, le Sénégal a fait des pas de géant pour se rapprocher de ses citoyens :

  • Années 1970: La création des communautés rurales marque le tout premier pas vers une démocratie locale, jetant les bases d’une gestion plus proche des populations.
  • 1996: L’Acte II de la décentralisation transfère neuf compétences essentielles aux collectivités territoriales, renforçant leur autonomie et confirmant le principe de la libre administration locale.
  • 2013: L’Acte III va plus loin avec la communalisation intégrale et l’érection du département en collectivité territoriale à part entière, complétant ainsi le processus pour une administration plus locale et efficace. Mais malgré ces réformes successives, une vérité s’impose : les territoires n’ont pas encore libéré toutes leurs énergies » regrette-t-il.

Avant de poursuivre: « Les déséquilibres restent criants : près de 47 % de la population concentrée à l’Ouest, autour de Dakar, Thiès et Diourbel, sur à peine 5 % de la superficie du pays.

C’est pourquoi, sous l’impulsion du Président de la République son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye et du Premier Ministre Monsieur Ousmane Sonko, l’Acte IV de la décentralisation va inaugurer une nouvelle ère : celle des pôles territoires, véritables bassins de développement, instruments de souveraineté économique et de justice sociale. Les pôles territoires seront la revanche de nos terroirs sur les déséquilibres historiques. L’Agenda national de Transformation et la Stratégie nationale de développement 2025-2029 définissent clairement trois fondements : souveraineté nationale, justice sociale, prospérité partagée

Dans cette architecture, les pôles territoires ne sont pas une réforme administrative de plus. Ils sont le socle du développement endogène du Sénégal, les épicentres où s’articulent : la planification spatiale et les grands investissements, la création de chaînes de valeur locales, l’inclusion sociale et territoriale, une gouvernance nouvelle, participative et performante. L’avenir du Sénégal se jouera désormais à Tambacounda comme à Thiès, avec la même intensité qu’à Dakar.

Entre février et septembre 2025, nous avons conduit une campagne nationale sans précédent : 5 574 kilomètres parcourus à travers villes, villages et terroirs, 8 pôles visités, de Kaolack à Podor, de Louga à Sédhiou, de Tambacounda à Matam et de Thiès à Dakar ; 2 327 participants mobilisés, dont 1253 pour les concertations sur les pôles territoires et 1 074 pour l’Acte IV. Jamais une réforme n’aura été autant discutée, débattue et co-construite avec les citoyens et leurs représentants » soutient-il.

Les chiffres illustrent l’ampleur du processus

  • A Dakar : 651 participants (28 % du total), reflet de son rôle de capitale et de métropole.
  • Au Sud (Sédhiou-Kolda-Ziguinchor) : 411 participants (18 %), traduisant les attentes fortes d’un pôle structurant.
  • A Tambacounda-Kédougou : 321 participants (14 %), malgré l’éloignement géographique.
  • Au Nord (Saint-Louis, Podor) : 320 participants (14 %).
  • Au Nord-Est (Matam) : 260 participants (11 %).
  • A Diourbel-Louga : 162 participants (7 %).
  • A Thiès : 202 participants (9 %).

Par catégorie d’acteurs, la tendance est claire

  • Les Élus locaux : 38,3 % des participants, preuve que les collectivités s’approprient la réforme.
  • Le Secteur privé : 12,9 %, confirmant que le développement des pôles sera économique avant tout.
  • Les Services techniques déconcentrés et administrations locales : 16 %.
  • La Société civile : 4,4 %.
  • Les Partenaires au développement : 2,3 %.

Cette mobilisation démontre que cette réforme n’est pas une décision imposée d’en haut, mais bien une construction collective, enracinée dans les réalités locales.

De ces rencontres, plusieurs consensus historiques émergent :

  • Le statut des pôles territoires comme établissements publics territoriaux.
  • L’adhésion au nombre de huit pôles, respectant l’ancrage socio-culturel du pays.
  • Le principe d’un fonds pluriannuel d’amorçage, avant la réforme globale des finances locales
  • La conviction partagée que le secteur privé sera le moteur de la croissance territoriale.
  • L’urgence d’outils modernes : Agence territoriale de planification, sociétés territoriales d’économie mixte, charte de gouvernance, dispositifs de suivi-évaluation.

Chaque kilomètre parcouru, chaque doléance entendue, chaque consensus forgé, nous rapproche d’un Sénégal équilibré et souverain.

Trois pôles pilotes : Centre, Nord et Sud seront opérationnalisés dès cette année.

Ils ouvriront la voie à une territorialisation effective de l’action publique, à la création de milliers d’emplois, et à l’émergence de pôles attractifs pour les investisseurs, locaux comme étrangers.

  

 

 

 

 

Africaleadnews

www.africaleadnews.com: Votre site pour la PROMOTION DU LEADERSHIP AFRICAIN

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page