Mangues ivoiriennes : bilan de la saison 2024 et perspectives pour 2025
Mangues ivoiriennes : bilan de la saison 2024 et perspectives pour 2025

Africaleadnews – (Sénégal) Premier exportateur ouest-africain de mangues, la Côte d’Ivoire est l’un des principaux fournisseurs de l’Union européenne. Alors que dans la nation éburnéenne, la campagne 2025 d’exportation a été lancée le 31 mars dernier, les acteurs de la filière s’activent pour tirer profit des opportunités commerciales. C’est le cas de l’entreprise Akwaba Negoce International, entreprise horticole orientée vers l’exportation basée dans la commune Cocody-Angré. Dans un entretien à l’Agence Ecofin, Stéphane Djedji, son directeur général revient sur le bilan de la saison précédente et esquisse quelques perspectives pour cette année.
Quel bilan pouvez-vous faire de la campagne 2024 ?
Je peux dire que la campagne passée a été un franc succès pour les mangues ivoiriennes grâce à de bonnes conditions climatiques et à une forte demande européenne. Pour la variété Kent qui est la plus appréciée de nos clients en Europe, la saison a été excellente. Les conditions de production ont été optimales avec une pluviométrie dense et régulière, un temps chaud et de bons calibres pour les fruits. Nous avons pu réaliser une bonne production au niveau national (toutes variétés confondues) avec 180 000 tonnes cette année. Globalement, nos clients en Europe ont été très satisfaits des calibres et de la qualité des fruits exportés. La Côte d’Ivoire a exporté 32 000 tonnes de mangues vers l’Europe cette année. C’est un bon chiffre compte tenu des disponibilités importantes de mangues entre avril et juillet en provenance des autres pays d’Afrique de l’Ouest et d’Asie.
La campagne 2025 d’exportation vient d’être lancée. Comment préparez-vous cette nouvelle saison ?
Comme chaque année, depuis le début du mois de février 2025, nous avons fait des visites dans nos différentes plantations afin de nous assurer au préalable de la bonne qualité du fruit. Nous avons tenu des réunions avec certains fournisseurs, des réunions avec les services du ministère de l’Agriculture pour la formation et l’information sur la maladie de piqûres des mouches. Nous avons aussi discuté avec d’autres structures privées comme les compagnies maritimes avec pour objectif de réussir notre campagne et éviter les erreurs de la campagne précédente. Dans l’ensemble, je peux dire que nous nous sommes bien préparés.
Quelles sont les perspectives pour cette nouvelle saison (notamment en termes de chiffres d’exportation, de production) ?
L’an dernier les chiffres ont été bons. Mais je pense que cette année, il y aura une chute légère de la production à cause de la faible pluviométrie liée aux effets du réchauffement climatique et par conséquent les exportations globales de la Côte d’Ivoire pourraient chuter. L’année passée, Akwaba Negoce a exporté, en 2 mois, 40 conteneurs soit un volume total de plus de 870 tonnes. Cette année, le volume sera moindre. Nous allons travailler pour atteindre au moins 30 conteneurs expédiés soit environ 652 tonnes.
Quels sont selon vous les défis qui attendent la filière en 2025 ?
Les défis majeurs restent la vente et la transformation de la mangue. Sur 180 000 tonnes produites, seulement 32 000 tonnes ont été exportées, soit moins de 20 %. Il y a une partie qui est destinée au marché local, mais la plus grande partie pourrit dans les plantations ! Certes il existe quelques petites unités de transformation pour la mangue séchée, mais il y a encore du chemin pour mieux valoriser la mangue ivoirienne et réduire les pertes post-récoltes.
Comment les acteurs de la filière gèrent-ils la problématique de la mouche des fruits et les interceptions de lots aux frontières de l’Union européenne ?
En général, les espèces de mouches de fruits rencontrées sur le terrain ont des larves qui se développent à l’intérieur des mangues et s’en nourrissent en créant des galeries. En raison des fortes précipitations qui entraînent une intensification des attaques de mouches des fruits à partir du mois de juillet, la plupart des exportateurs arrêtent très tôt leur campagne de mangues, donc déjà au mois de mai, quelque temps avant le début de la saison pluvieuse. Mais je dois dire qu’avec le suivi des services du ministère de l’Agriculture, des services phytosanitaires, les cas de saisie aux frontières européennes dues à la mouche des fruits se raréfient voire deviennent inexistants.
Propos recueillis par Espoir Olodo
Édité par Wilfried ASSOGBA- Agence Ecofin)



