Agriculture et agro-industrie africaines : les 5 infos marquantes de la semaine
Agriculture et agro-industrie africaines : les 5 infos marquantes de la semaine

(Agence Ecofin) – Chaque week-end, la rédaction d’Ecofin vous rappelle les principales informations de la semaine dans le secteur africain des agro-industries, ainsi que leurs implications.
Le marché mondial du cacao sera excédentaire en 2024/2025 (Icco)
Le marché mondial du cacao, marqué par trois années de déficit, pourrait connaître un excédent de 142 000 tonnes lors de la campagne 2024/2025, selon l’Organisation internationale du cacao (Icco). Cette amélioration est attribuée à une hausse prévue de la production, notamment en Côte d’Ivoire (1,85 million de tonnes) et au Ghana (600 000 tonnes), stimulée par les prix élevés incitant les producteurs à investir davantage dans la filière.
Malgré ces prévisions optimistes, des analystes restent prudents, soulignant les incertitudes sur la récolte ivoirienne et la possibilité d’un nouveau déficit. La situation reste donc contrastée, avec des perspectives de surplus, mais des doutes persistants sur la production réelle. Par ailleurs, l’Icco anticipe un recul de 4,8 % des broyages mondiaux à 4,65 millions de tonnes de cacao durant la saison en raison des coûts élevés pour les transformateurs

Caoutchouc naturel : un déficit de 700 000 tonnes attendu sur le marché mondial en 2025
Le marché mondial du caoutchouc naturel sera confronté à un déficit de 700 000 tonnes en 2025 d’après les dernières projections formulées par l’Association des pays producteurs de caoutchouc naturel (ANRPC) qui précise qu’iI s’agira d’une 5ème année consécutive de pénurie de l’offre sur ce marché.
Cette situation est principalement due à une stagnation de la production mondiale à 14,9 millions de tonnes, tandis que la demande devrait augmenter de 1,8 % pour atteindre 15,6 millions de tonnes. Les principaux facteurs expliquant ce déséquilibre sont le déclin de la production en Indonésie et au Vietnam, respectivement deuxième et quatrième producteurs mondiaux de caoutchouc naturel.
Selon les observateurs ce gap entre l’offre et la demande est susceptible de soutenir la fermeté des prix mondiaux, qui ont globalement augmenté en 2024 sur les principales places boursières mondiales, offrant des opportunités pour les pays producteurs tout en posant des défis pour les industries dépendantes de cette matière première.

L’Éthiopie, 3ᵉ pays africain à approuver le maïs génétiquement modifié
L’Éthiopie, troisième producteur africain de maïs, a approuvé la culture et la commercialisation du maïs transgénique « Tela », devenant ainsi le troisième pays africain après l’Afrique du Sud et le Nigéria à adopter une variété OGM.
Cette initiative devrait contribuer à renforcer la compétitivité de la filière maïs, déjà autosuffisante, et à accroître les exportations. Elle s’inscrit en outre dans le cadre d’une stratégie plus large visant à moderniser l’agriculture et à améliorer la résilience des producteurs face aux aléas climatiques et aux ravageurs.
En effet, le maïs Tela, conçu pour être tolérant à la sécheresse et particulièrement résistant aux attaques de ravageurs comme la chenille légionnaire d’automne, offre en plus un rendement supérieur de 60% par rapport aux variétés conventionnelles. Plus largement, le maïs Tela est devenu la deuxième culture OGM approuvée en Éthiopie, depuis le coton Bt en 2018.

Burkina Faso : un programme de 200 millions $ formera 8000 jeunes dans l’agriculture
Au Burkina Faso, le ministère de l’Agriculture a lancé, le 4 mars, la première phase d’un programme de formation sur l’agriculture intensive et durable destiné à 2 000 jeunes avec l’objectif d’en former 8 000 à terme. Ce programme, s’inscrit dans l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-P3A) qui bénéficie d’un budget de 121 milliards de francs CFA (200 millions $) sur la période 2024-2029.
D’une durée de trois mois, la formation aboutira à l’attribution de terres aménagées aux participants. Cette vise notamment à renforcer les capacités des bénéficiaires afin d’accompagner la réalisation des projets de développement agricole tel que l’Offensive agropastorale et halieutique. Ce projet phare du gouvernement a pour objectif d’assurer la souveraineté alimentaire à travers le développement de huit filières stratégiques, dont le riz, le maïs, la viande et le poisson.

Nigeria : l’État du Niger veut employer 100 000 jeunes dans la production agricole
Au Nigéria, l’entreprise Niger Foods, contrôlée par le gouvernement de l’État du Niger, a signé le 5 mars un accord avec l’Autorité nationale de développement des terres agricoles (NALDA) et le ministère du Développement de la jeunesse pour engager 100 000 jeunes dans un Programme national de production agricole.
Selon un communiqué publié sur le site du gouvernement de l’État, cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant à produire 500 000 tonnes supplémentaires de produits alimentaires. Elle intervient alors que depuis 2024, l’entreprise Niger Foods multiplie la coopération avec des partenaires locaux et étrangers pour la réalisation de nombreux projets dans l’agriculture et l’agro-industrie.

Stéphanas Assocle
Editing : Feriol Bewa



