Environnement

Sénégal- Arrêt des constructions sur le littoral- L’ADES salue une décision courageuse

Sénégal- Arrêt des constructions sur le littoral- L'ADES salue une décision courageuse

 Africaleadnews – (Sénégal) Le président de la République Bassirou Diomaye Faye a ordonné l’arrêt de tous les travaux de construction en cours sur la corniche Est qui s’étend du Cap Manuel jusqu’à la limite sud du Port, en passant par l’ambassade de France et le palais présidentiel et sur la corniche Ouest qui s’étant de la pointe des Almadies jusqu’au Cap Manuel, en passant par les Mamelles – Mermoz – Pointe des abattoirs, la Pointe des Madeleines et la Pointe Diop.de Dakar ainsi qu’au niveau de la bande des filaos par mesure conservatoire, pour permettre de faire le point.

Selon l’Alliance des Ecolos du Sénégal (ADES) « c’est une décision courageuse qui vient à son heure, une décision majeure teintée d’espoirs, une invite collective, pour que cesse le bradage du littoral, une occasion de correction et de redressement de l’occupation anarchique du littoral, un signal fort pour une meilleure appropriation du bien public maritime et un accès équitable à la mer pour tous ».

Pour rappel, la zone côtière sénégalaise, longue de 700 km, abrite de nombreuses îles telles que l’île de Saint Louis, de Gorée, les îles du Saloum et de la Casamance favorisant sa vulnérabilité. D’autre part, la zone littorale est le siège des principales villes du pays (Saint Louis, Thiès, Dakar, Mbour, Joal, Kaolack et Ziguinchor) et joue un rôle central dans le développement socio-économique, démographique, urbain et environnemental du pays. Une grande partie de l’activité économique se concentre sur cet espace avec 90 % des industries, 70% des fruits et légumes consommés provenant de l’agriculture littorale l’activité touristique principalement balnéaire (4,8 % du PIB national), et l’activité de pêche (1,2 % du PIB national). Les activités économiques littorales contribuent à hauteur de 68% du produit intérieur brut (PIB) du pays.

Du fait de cette forte concentration des activités et des infrastructures, la zone côtière exerce une attraction majeure sur le reste du pays. Parallèlement, la dégradation des systèmes de production a entraîné un mouvement migratoire en direction du littoral avec 75% de la population sénégalaise habitant à moins de 60 km du rivage et exacerbant davantage la pression sur cet espace. Dans le contexte des changements globaux (augmentation de la population et donc des besoins, réchauffement climatique et élévation du niveau marin), l’intensité des phénomènes extrêmes de types tempêtes, surcotes, submersions marines s’amplifient et constituent des contraintes majeures à un développement socio-économique durable avec comme conséquence des inondations, aggravation des phénomènes érosifs, pertes de terres, progression du biseau salé et altération des lentilles d’eaux douces et leurs impacts sur l’agriculture et la consommation…).

Cette augmentation de la population et de la pression sur le littoral pose les bases d’une vulnérabilité qui sera accrue sous l’effet des changements climatiques comme le montrent les différentes études réalisées au Sénégal.

A cela s’ajoute les problèmes liés à l’encadrement de la procédure de déclassement des dépendances du domaine public maritime, au respect des normes de construction dans le domaine public maritime, à l’organisation du cadre institutionnel, aux études d’impact environnemental, à la servitude de passages ou le libre accès à la plage et à l’aménagement du littoral,

Il a fallu des années pour que le constat du bradage de notre littoral soit largement partagé aux yeux de l’opinion public. Aujourd’hui, force est de constater que nous avons mis beaucoup de temps à s’écarter du bon chemin pour une gestion durable du littoral Sénégalais. Malheureusement, il nous faudra encore beaucoup d’heures de travail pour revenir à la normale. Dans cette optique nous encourageons les autorités Etatiques nouvellement installées dans leur fonction à être persévérants et à ne pas se laisser détourner de leurs objectifs.

C’est pourquoi, Nous, Alliance des Ecologistes du Sénégal (ADES) ; saluons une décision courageuse des autorités Etatiques ; invitons à un diagnostic sans complaisance du littoral Sénégal ; appelons à l’adoption du projet de loi sur le littoral, dont l’élaboration a démarré en 2011, ainsi que de ses décrets d’application ; demandons aux populations à accompagner l’Etat dans sa politique de Préservation du littoral   Sénégalais.

Africaleadnews

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