
AFRICALEADNEWS – (Gabon) À la veille du Conseil des ministres délocalisé dans la capitale économique, le sénateur du département d’Etimboué, Georges Mpaga, dénonce l’abandon de 80 % des travaux routiers financés sous la Transition. Face à ce qu’il qualifie de préjudice financier et social majeur, le parlementaire appelle à la mise en demeure des entreprises défaillantes et à un contrôle rigoureux des fonds publics engagés.
Sur les six axes majeurs programmés pour améliorer le quotidien des riverains, un seul a été effectivement livré, relève le sénateur Georges Mpaga. Les chantiers des quartiers Massuku, Moukala, Camp Boiro et du 2e arrondissement demeurent à l’arrêt, plongeant les habitants dans de lourdes difficultés à l’approche des pluies. La gestion des trois milliards FCFA alloués à la seule réfection du lycée d’État suscite également une vive indignation chez le parlementaire. « Avec une telle enveloppe budgétaire, trois grands lycées modernes auraient pu être construits », s’insurge-t-il.
Face à ce sentiment d’abandon qui érode la confiance entre les citoyens et l’action publique, les attentes des populations locales se font pressantes. Les demandes formulées ne portent pas sur de nouvelles dotations financières, mais sur le respect des engagements déjà pris par l’État. « Les populations de l’Ogooué-Maritime ne demandent pas de nouveaux milliards », souligne le sénateur avant d’ajouter : « Elles demandent simplement que les 7 milliards déjà décaissés servent à désenclaver Port-Gentil».
Pour sortir de cette impasse, l’élu préconise une intervention ferme du sommet de l’État afin de faire toute la lumière sur l’utilisation des deniers publics et de contraindre les entreprises à livrer enfin les routes. « La reddition des comptes doit commencer », martèle Georges Mpaga. « L’obligation de rendre compte n’est pas une option, c’est une exigence qui renvoie à l’intégrité », conclut-il.
Alors que le président Brice Clotaire Oligui Nguema séjourne actuellement dans la capitale économique où il va présider un conseil des ministres et un conseil supérieur de la magistrature, cette prise de parole d’un élu de la province place la gouvernance locale au cœur des attentes. La présence du chef de l’État sur le terrain offre ainsi l’occasion d’apporter des réponses directes aux attentes des populations et de relancer promptement les chantiers à l’arrêt.
Vigny Ngami-Tsiba



