
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Au lendemain de la décision radicale de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre l’accès aux réseaux sociaux, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) est sortie de son silence. Le parti présidentiel, tout en réaffirmant son attachement aux libertés fondamentales, apporte un soutien nuancé à la mesure de régulation face aux dérives numériques.
Dans un climat d’indignation générale marqué par les critiques de l’opposition et de la société civile, la réaction de la formation au pouvoir était particulièrement attendue. Par la voix d’un communiqué publié ce mercredi 18 février 2026, l’Union Démocratique des Bâtisseurs a déclaré avoir « pris acte de la décision rendue publique le 17 février 2026 par la Haute Autorité de la Communication, relative à la suspension temporaire des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national ».
Cette mesure, motivée par la HAC par la nécessité de freiner la propagation de contenus haineux et la désinformation, intervient alors que le pays traverse une période de tensions sociales. Pour le parti de la majorité, l’enjeu est de concilier les droits démocratiques et l’ordre public. Le Secrétariat Général souligne ainsi que « l’UDB réaffirme avec constance son attachement indéfectible à la liberté d’expression, principe fondamental garanti par la Constitution et pilier essentiel de toute démocratie ».
Toutefois, ce rappel des principes ne saurait occulter les réalités d’un espace numérique jugé de plus en plus toxique. Le parti présidentiel estime que la situation avait atteint un point de rupture nécessitant une intervention. « Notre Parti ne peut ignorer les préoccupations liées à certains usages des réseaux sociaux ayant contribué, ces derniers temps, à la diffusion de contenus susceptibles de porter atteinte à la vie privée, d’alimenter des tensions sociales et d’entretenir la désinformation », précise le communiqué.
Face à ce qu’elle considère comme des « dérives », l’UDB ne se contente pas de valider la décision de l’autorité de régulation. Elle exhorte également l’État à maintenir une vigilance accrue pour préserver l’unité nationale. « Tout en appelant les pouvoirs publics à faire preuve de vigilance et à mettre en œuvre tous les moyens d’action d’un Etat de droit pour garantir la cohésion sociale », le mouvement politique s’adresse directement aux internautes gabonais, les invitant « à un usage responsable et constructif des outils de communication modernes dans le respect des lois de la République ».
Cette sortie de l’UDB intervient alors que l’économie numérique du pays subit de plein fouet les conséquences de ce blackout, provoquant une levée de boucliers chez de nombreux acteurs économiques et défenseurs des droits de l’homme.
Vigny Ngami-Tsiba



