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Assemblée nationale: Pape DIOP, le tango du bazar suicidaire

Assemblée nationale: Pape DIOP, le tango du bazar suicidaire

Au lendemain des élections législatives du 31 juillet dernier, soldées par la montée en puissance de la coalition Yewwi Askan Wi-Wallu, qui a engrangé 80 députés devant siéger à l’hémicycle, les manœuvres étaient lancées. Qui va trahir l’autre camp ? Après l’arbitrage du peuple qui s’est largement exprimé, il restait la dernière balle de tir chez les 3 plénipotentiaires en mode solo. Thierno Alassane SALL de AAR Sénégal a pris position en restant dans l’opposition. Le journaliste Pape Djibril FALL dont l’employeur est Youssou NDOUR, un des caciques du pouvoir, ancien ministre du gouvernement d’Abdoul MBAYE, devra aussi s’atteler à l’exercice du pour ou contre la majorité présidentielle. Pour la survie de sa carrière politique bien lancée. Pour l’instant, ces deux leaders sont dans la ligne de l’opposition. Attendons de voir….

Les masques sont tombés. Du moins pour Bokk Guiss de Pape DIOP, cet ex-mastodonte de l’échiquier politique sénégalais sous le magistère de Abdoulaye WADE. Il a craché des bulles et pas des moindres. Pape DIOP Alias Moustapha DIOP s’est finalement décidé en choisissant le camp de la coalition Benno Bokk Yakar. À ses risques et périls. Ce vétéran de la politique ne s’est pas hasardé en se jetant dans la mare de la mouvance présidentielle. C’est son libre penchant. Mais, le cas DIOP est intéressant. Car, les mots qu’il prononçait au cours de son face-à face avec la presse étaient laborieux enfouis dans un langage argumentaire mal structuré. Un exercice oral en pointillé et dépouillé de béquilles valides comme le disent les communicants anglo-saxons. L’aisance lui a beaucoup manqué. Elle est frappante. Pour se justifier d’un tel choix, l’ancien maire de la ville de Dakar, tombée dans l’escarcelle de l’opposition depuis janvier 2022, tonne.

«Je suis resté une semaine sans téléphone, sans contact extérieur, pour réfléchir. Et après mûre réflexion, pour éviter à notre pays, qui se trouve dans un environnement caractérisé par des coups d’État, j’ai pris donc, en toute responsabilité….la décision de rejoindre la coalition BBY». Papa Diop y va très fort. Le leader de la coalition Bokk Gis Gis ligeey qui a obtenu un siège à l’issue des élections législatives du 31 juillet, était attendu du ghota politique. Le samaritain Pape DIOP a finalement donné son cœur à sa nouvelle dame de compagnie, Benno Bokk Yakar qui cherche désespérément à conforter son hégémonie dans l’antre de l’Assemblée nationale. Macky Sall et ses camarades sont presque dans l’obligation de chercher d’autres sièges dans l’opposition au-delà des 80 sièges de l’inter-coalition Yewwi-Wallu (80 députés). Pape Diop justifie son choix par une volonté de « préserver la stabilité » du pays et par un contexte sous-régional marqué par des coups d’État. Il s’en prend à «ceux qui veulent imposer l’unilatéralisme et la violence ». Allusion à l’opposition la plus significative dirigée par Ousmane Sonko. D’ailleurs, lors de la campagne, ce dernier avait clairement déclaré que toutes les autres listes en lice, à l’exception de la coalition Yewwi-WALLU, travaillent pour le compte du Président Macky.

Le temps a donné raison à Ousmane SONKO. Que gagne Pape DIOP en s’alliant a Benno Bokk Yakar ? L’homme avait atteint l’aune en termes de prestige politique. Sa base politique aussi bien affective que dynamique risque d’aller à Canossa. Exit Pape Diop qui a choisi son camp, il reste maintenant à Thierno Alassane Sall de coalition Alternative pour une Assemblée de Rupture (Aar Senegaal) de démontrer avec actes forts sa détermination d’en découdre d’avec le régime en place et au journaliste Pape Djibril Fall de « En Marche Pour la Renaissance du Sénégal » (MPR Les Serviteurs), tous les deux avec deux sièges, d’indiquer la direction à suivre. Surtout pour le jeune loup aux dents longues. Il tient les cartes en main. La finalité du rapport de force se joue dans un mouchoir de poche. Leur avenir politique y dépend en grande partie. Après Moustapha NIASS qui a « tué » son parti politique l’AFP et Feu Ousmane Tanor DIENG pour avoir rétréci en peau de chagrin la puissante machine du Parti socialiste, Pape DIOP vient de signer sa mort politique. Le peu des restes de ses béquilles partira en fumée. Du vrai moulin à vent ! En spectacle brésilien, on dira que Pape a joué du tango dans un bazar suicidaire et hallucinant.

Confidentiel Afrique

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