Politique
L’opposition gabonaise face au spectre des transhumances : Francis Hubert Aubame prône la résilience
L'opposition gabonaise face au spectre des transhumances : Francis Hubert Aubame prône la résilience

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le rassemblement des forces de l’opposition à la Chambre de commerce le 7 mars 2026 a été marqué par une franchise inhabituelle sur la fragilité des alliances politiques. Alors que la Coalition pour la Nouvelle République (CNR), Ensemble pour le Gabon (EPG) et Réagir tentent de structurer un front commun, la question des défections futures s’est invitée au cœur des débats.
Prenant la parole pour dissiper les doutes entourant la solidité de cette nouvelle union, Francis Hubert Aubame, président du parti politique Souverainistes-Écologistes, a choisi d’aborder de front le phénomène de la transhumance politique. « Suite à l’appel au rassemblement tout à l’heure, j’ai entendu quelqu’un dire que c’est bien tout cela, mais les gens sur la table, il y en a qui, demain, vont rejoindre le pouvoir », a d’abord reconnu le leader politique, refusant de pratiquer la langue de bois devant une assistance consciente des précédents historiques.
Loin de nier cette réalité, il a insisté sur le fait que ces mouvements ne devraient pas paralyser l’action collective. « Oui, ça se passe comme ça au Gabon, mais ça fait partie du jeu politique. Ça peut arriver, mais c’est pas pour autant qu’il faut arrêter la dynamique », a-t-il martelé, ajoutant que « ça a toujours existé » et qu’il ne fallait pas s’en formaliser outre mesure.
Pour appuyer son propos, Francis Hubert Aubame a rappelé les secousses de la dernière décennie, citant notamment l’élan qui avait porté Jean Ping. « Et 2016 est arrivé avec une coalition où il y a des gens qui sont rentrés, d’autres qui ont rejoint le pouvoir, mais le pouvoir était affaibli par la dynamique née de 2014, quand on a commencé à lancer Jean Ping », a-t-il analysé, avant de conclure qu’il « ne faut pas avoir peur des défections et de ceux qui vont rejoindre le pouvoir ».
Pour le président des Souverainistes-Écologistes, la survie de la coalition dépendra moins de l’absence de trahisons que de la solidité de son noyau dur. « Ce qu’il faut regarder, c’est la détermination de ceux qui restent constants et de ceux qui sont unis par le même objectif », a affirmé Francis Hubert Aubame, précisant qu’il « voulait absolument souligner cela » pour recentrer le débat sur la stratégie à long terme plutôt que sur les ambitions individuelles.
Cette mise au point, bien que réaliste sur les mœurs politiques locales, sonne comme un avertissement et un test de sincérité pour tous les leaders de l’opposition présents autour de la table à la Chambre de commerce le 7 mars.
Vigny Ngami-Tsiba


