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Gabon : Libreville au rythme des coupures, le ras-le-bol d’une capitale sous tension

Gabon : Libreville au rythme des coupures, le ras-le-bol d’une capitale sous tension

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Entre délestages récurrents et réparations d’urgence, le quotidien des Librevillois est désormais rythmé par l’absence d’électricité, une situation qui asphyxie les commerces et s’éternise malgré les effets d’annonce.

Les Librevillois ont dû composer ce dimanche 15 février avec un silence pesant dès l’aube. Conformément à un communiqué de la Société d’Eau et d’Energie du Gabon (SEEG) publié dès le 13 février, une coupure programmée pour des réparations sur les équipements a paralysé une grande partie de la ville de 5h à 13h.

Ces travaux de maintenance visaient spécifiquement à sécuriser les transformateurs ainsi que les lignes de transport haute tension d’un poste de répartition stratégique. Si l’entreprise s’efforce désormais de prévenir les usagers et de présenter des excuses systématiques, ces gestes ne suffisent plus à calmer l’irritation générale, particulièrement éprouvante en cette période de fortes chaleurs où l’absence de ventilation
transforme les habitations en véritables fournaises.

Un préjudice financier pour les ménages

Dans les quartiers, le ressentiment est palpable. Au-delà du simple inconfort, c’est le coût financier de ces instabilités qui pèse lourdement sur les ménages. Les coupures intempestives et les retours brusques de tension endommagent régulièrement le matériel électroménager, grillant réfrigérateurs et téléviseurs sans aucune perspective de dédommagement. Dans les zones commerciales, le constat est tout aussi alarmant. « On ne peut plus travailler normalement », s’insurge Benoît, propriétaire d’une menuiserie industrielle, avant d’ajouter que « c’est devenu une loterie quotidienne ».

Même son de cloche du côté de la restauration où l’on craint pour la chaîne du froid. « Chaque coupure prolongée met en péril nos stocks de produits frais », confie une gérante d’établissement au quartier Nzeng-Ayong, dans le 6e arrondissement. « Nous payons nos factures, mais le service n’est jamais garanti, c’est l’économie entière de la ville qui est impactée », s’indigne-t-elle.

Cette situation ravive les doutes sur l’efficacité des solutions annoncées en grandes pompes ces derniers mois. Le bateau-centrale de la société turque Karpowership, arrivé à Libreville avec la promesse d’être la panacée au déficit énergétique, n’a visiblement pas apporté la solution définitive tant espérée par les populations.

L’épreuve de la vétusté

Face à la grogne, les autorités tentent de justifier ces défaillances par l’état du réseau. Récemment, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Energie, Philippe Tonangoye, a pointé du doigt la vétusté flagrante du matériel de la SEEG. Il a d’ailleurs procédé dernièrement, à Port-Gentil, au lancement officiel des travaux de remplacement de turbines arrivées en fin de vie technique. Ce plan de modernisation vise à sortir la capitale économique d’une spirale de coupures récurrentes.

Mais entre les diagnostics techniques et la réalité du terrain, le fossé se creuse. Les discours officiels n’apaisent plus des Librevillois qui montrent un agacement croissant, lassés d’attendre une stabilité électrique qui semble toujours se conjuguer au futur.

Vigny Ngami-Tsiba

 

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