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Agro-industrie / SM10 Agro : Les réserves d’un expert face aux ambitions agricoles de Sadio Mané à Bambali

Agro-industrie / SM10 Agro : Les réserves d'un expert face aux ambitions agricoles de Sadio Mané à Bambali

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) Le méga-projet SM10 Agro, initié par l’international sénégalais Sadio Mané pour transformer la mangue en Casamance et créer de la valeur à Bambali, suscite une vive controverse technique dans le secteur agricole. S’exprimant sur le média Even Prod, Souleymane Bassoum, ingénieur agronome, ancien expert de l’Union européenne et responsable de fermes de plus de 1 200 hectares, tire la sonnette d’alarme sur la faisabilité du modèle retenu.

Un risque de saturation et de pertes industrielles

Pour l’expert, la concentration d’une plantation de 500 hectares de manguiers uniquement en Casamance fait courir un risque majeur à l’unité de transformation :

  • Le piège de la récolte éclair : La période de récolte en Casamance est très courte (environ 45 jours). Concentrer 500 hectares dans une même zone géographique entraîne un pic d’afflux massif de fruits impossible à absorber par l’usine en si peu de temps.

  • La contrainte chimique de l’éthylène : Stockée en trop grande quantité sur un site unique, la mangue libère de l’éthylène — un gaz naturel accélérant la maturation —, ce qui provoque une détérioration rapide et incontrôlable du stock avant transformation.

  • Inadéquation des variétés sauvages : Souleymane Bassoum rappelle qu’une grande partie des mangues poussant à l’état naturel dans la région ne répondent pas aux normes d’extraction et de transformation industrielle.

La contre-proposition : Exploiter la diversité agroécologique du Sénégal

Afin de lisser la production sur l’année et de garantir la rentabilité financière des installations, l’ingénieur agronome préconise d’étaler la production à travers plusieurs bassins agricoles du pays :

Région / Zone Superficie conseillée Avantage stratégique
Tambacounda 300 hectares Calendrier de récolte précoce pour amorcer la chaîne de production.
Kaffrine – Kaolack 100 hectares Décalage de floraison et lissage de l’approvisionnement.
Bambali (Casamance) 300 hectares Ancrage local et transformation des récoltes de pleine saison.

« Si vous récoltez tout en même temps, l’éthylène va vous fatiguer et vous n’atténuez pas le risque. Il faut profiter des cinq zones agroécologiques du Sénégal pour étaler les récoltes sur une longue période. » — Souleymane Bassoum

Tout en saluant l’engagement patriotique de Sadio Mané en faveur de l’emploi des jeunes, cette mise en garde technique souligne la nécessité d’articuler investissement financier et ingénierie agronomique pour faire du projet SM10 Agro une réussite durable.

Africaleadnews

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