Gabon : Conseil de discipline du CSM, trois hauts magistrats révoqués
Gabon : Conseil de discipline du CSM, trois hauts magistrats révoqués

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le conseil de discipline tenu par le Secrétariat permanent du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) le 25 août 2026 à Libreville, sous la présidence de Jean Jacques Oyono, a frappé d’une sévérité historique. L’instance judiciaire a prononcé la révocation définitive de trois hauts magistrats du corps judiciaire, ainsi qu’une série de suspensions et de blâmes, marquant une volonté manifeste de stopper des dérives éthiques et professionnelles devenues inacceptables.
Au premier rang des personnalités frappées par la sanction suprême figure Eddy Narcisse Minang, ancien procureur général près la cour d’appel de Libreville, rendu célèbre par ses réquisitions lors du procès des Bongo Valentin. Mis en cause pour des malversations financières et une immixtion caractérisée dans une procédure judiciaire, l’ancien haut magistrat a fait l’objet de deux décisions de révocation pour les deux affaires inscrites à son encontre. Saisi à deux reprises par le Secrétariat permanent, il n’a pas daigné se présenter devant l’instance. Alors que ses partisans tentent de le dédouaner en affirmant qu’il n’aurait reçu aucune convocation et que son nom ne figurait pas sur le rôle, une source proche du Secrétariat permanent tranche catégoriquement : « Mensonge. Il avait été saisi deux fois mais n’a pas daigné se présenter ».
L’instance disciplinaire n’a pas non plus tremblé face aux deux autres magistrats radiés. Leila Laétitia Ayombo Moussa épse Biam, ancienne juge d’instruction spécialisée puis chef de service au ministère de la Justice, a, elle aussi, été révoquée de la magistrature après la diffusion de vidéos la montrant en étroite familiarité avec Noureddin et Sylvia Bongo. Même verdict d’éviction définitive pour Urbain Massala, dont la récidive après une première rétrogradation l’an dernier a scellé le sort par une révocation.
D’autres cadres du système judiciaire subissent de lourdes sanctions professionnelles et financières. Bruno Obiang Mve, ancien procureur de la République de Libreville, écope d’une exclusion temporaire de fonctions de douze mois avec privation partielle de traitement pour des affaires financières opaques et des détentions illégales. Une suspension de douze mois avec privation totale de traitement a été retenue contre Quevin Mozogo Eya, bien que ce dernier ait été relaxé dans un second dossier. Enfin, des blâmes avec inscription au dossier ont été infligés aux magistrates Valérie Koumba, Bléra Ayiquise Ibinga, Carmela Beyo Adiatoulai et Vanida Charlène Mengue Ogandaga.
Ces décisions d’une fermeté inédite, qui doivent encore être entérinées lors de la session ordinaire du Conseil supérieur de la magistrature en septembre, adressent un message sans ambiguïté à l’ensemble du corps judiciaire. En sanctionnant sans complaisance ces manquements, l’institution rappelle aux magistrats que l’éthique et la légalité ne sont pas négociables, soulignant qu’aucun privilège de fonction ne saurait désormais tolérer l’inconduite, la corruption ou l’arbitraire.
Vigny Ngami-Tsiba



