
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Dans une publication poignante diffusée le 25 août 2026 sur ses réseaux sociaux, l’avocat et docteur en droit Peter Stephen Assaghle s’est adressé directement à l’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie-By-Nze. Actuellement incarcéré depuis un peu plus de quatre mois en raison d’une dette datant de plus de 18 ans, le président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) reçoit ainsi le soutien public éclairé et intime de celui qui fut à la fois son compagnon de route politique et un ami proche.
À travers ce texte empreint d’empathie et de souvenirs partagés, Peter Stephen Assaghle revient sur la rencontre qui a modifié sa perception de l’ancien chef du gouvernement, dépassant le personnage public polarisant pour découvrir l’homme engagé. Il évoque notamment leur première longue discussion à Akanda en février 2024 et la dévotion du politique pour son pays, tout en soulignant avec une gratitude profonde la présence réconfortante de celui qu’il surnomme affectueusement le « Boss » lors du décès de sa propre mère.
Abordant la réalité de la détention d’Alain Claude Bilie-By-Nze, le juriste convoque le titre de l’ouvrage de l’ancien Premier ministre, Awu M’awu, pour s’interroger sur le sens de cette épreuve carcérale. Face au silence et à l’isolement imposés par le milieu pénitencier, l’avocat tient à rappeler la portée intellectuelle préservée de son combat, estimant que « les murs peuvent enfermer un homme. Ils ne peuvent pas enfermer ses idées ». Poursuivant sa réflexion sur la liberté d’expression et l’engagement citoyen, l’ancien membre du parti EPG s’élève contre la volonté d’étouffer les voix dissidentes au nom d’un consensus de façade. Selon lui, la divergence d’opinions demeure la pierre angulaire de l’appartenance à la communauté nationale, considérant qu’« aimer le Gabon ne devrait jamais signifier se taire. Et être en désaccord ne devrait jamais signifier cesser d’être Gabonais ».
Cette tribune est également l’occasion pour le juriste de questionner les fondements des institutions républicaines et la nature de la démocratie. Face à la privation de liberté subie par l’ex-chef du gouvernement, il recadre les exigences qu’impose le respect des normes républicaines. « Un État de droit, ce n’est pas l’unanimité. Ce n’est pas le silence. Ce n’est pas la soumission des consciences », rappelle-t-il avec insistance. Malgré la rigueur de l’enfermement, l’auteur conclut sa missive sur une note d’espoir invincible quant à l’issue de cette épreuve et à la force de l’Histoire face aux contingences du moment. « On peut enfermer un homme, mais on ne met pas un pays en prison », martèle-t-il en guise d’encouragement.
Cette prise de parole résonne puissamment dans le paysage socio-politique gabonais alors que la situation carcérale d’Alain Claude Bilie-By-Nze continue de susciter débats et interrogations. En appelant son « Boss » à tenir bon, Peter Stephen Assaghle livre un témoignage qui dépasse la simple amitié pour questionner directement la place de la contradiction et de la justice au sein de la nation.
Vigny Ngami-Tsiba



