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Gabon / Affaire Bilie-By-Nze : le parti Les Démocrates dénonce un « règlement de compte »  

Gabon / Affaire Bilie-By-Nze : le parti Les Démocrates dénonce un « règlement de compte »  

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’incarcération d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, président d’Ensemble pour le Gabon et ancien Premier ministre, suscite une vive désapprobation au sein de la classe politique. Invité sur la chaîne M+Africa le 10 juin 2026, Paulin Obiang Ndong, Secrétaire général du parti Les Démocrates, a fermement contesté la légitimité de cette procédure, qu’il considère comme totalement disqualifiée sur le plan juridique.

Pour le numéro deux de la formation politique, le dossier repose sur des bases légales inexistantes en raison de l’ancienneté des faits reprochés. « Les faits sont constants, c’est une affaire qui date depuis 2008 », a-t-il rappelé, avant de brandir l’argument de la caducité des poursuites. « En droit, cette affaire est frappée de prescription, parce qu’en fait, même si c’était une créance, dès lors qu’elle avait déjà dépassé la date de prescription, on ne peut plus la lui réclamer », a-t-il martelé, insistant sur le fait qu’« on ne peut pas le poursuivre pour ça, même si c’était une créance ».

Au-delà de ce vice de forme, c’est le fond même de l’accusation qui est remis en cause, laissant place à des soupçons de manœuvres extrajudiciaires. « Mais il s’avère même que ce n’est pas une créance », a indiqué le Secrétaire général, estimant que « c’est ce qui amène un peu de doute par rapport à la qualification qu’on veut donner à cette affaire ». Selon lui, ce flou nourrit l’hypothèse d’une justice instrumentalisée. « Et c’est ce qui fait penser à beaucoup de gens qu’il s’agirait d’un règlement de compte quelconque », a-t-il avancé, ajoutant que « ça peut être un règlement de compte politique, tout comme ça peut être un règlement de compte ordinaire ».

Paulin Obiang Ndong a également tenu à disculper l’ancien chef du gouvernement sur la gestion des fonds incriminés, expliquant qu’il s’agissait d’une mission d’intérêt collectif et non d’un enrichissement personnel. « Donc, honnêtement, cette affaire n’est pas judiciaire, parce qu’elle est disqualifiée du point de vue judiciaire, au vu des éléments qui nous parviennent de ce dossier », a-t-il tranché. Il a précisé que « ces éléments prouvent que Bilie-By-Nze n’est pas redevable de cette somme à cette dame », car « il n’a agi qu’en qualité de président d’un comité qui devait organiser la Fête des cultures». Dès lors, « ce n’est pas Bill Levy en tant que personne qui aurait pris cet argent, et il ne l’aurait pas pris pour son compte », mais « il l’a utilisé pour des fins qui avaient été arrêtées, en commun accord avec tous les organisateurs ».

Face à ce qu’il qualifie d’arbitraire, le haut responsable des Démocrates exige la remise en liberté immédiate de l’opposant, au nom des principes fondamentaux de la République. « Alors, tous ces éléments pris en compte font penser que le sort qui lui est réservé n’est pas juste », a-t-il déploré, avant de conclure par un appel pressant aux autorités : « On doit le libérer. C’est ce que nous pensons. On se proclame état de droit, mais si on applique le droit, on se rend compte qu’il n’a absolument rien fait. Et par voie de conséquence, il faut le libérer ».

Vigny Ngami-Tsiba

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