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Crise de l’oignon à Bakel : Le paradoxe d’une souveraineté alimentaire sans débouchés

Crise de l'oignon à Bakel : Le paradoxe d'une souveraineté alimentaire sans débouchés

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) Alors que le Sénégal affiche ses ambitions de souveraineté alimentaire à l’horizon 2050, les producteurs d’oignons du département de Bakel traversent une crise sans précédent en ce mois de mai 2026. Entre récoltes massives et absence de circuits de distribution, le « pôle territoire » de l’Est vacille sous le poids de ses propres surplus.

 Le constat est amer sur les rives du fleuve Sénégal. À Bakel, des tonnes d’oignons pourrissent à l’air libre, faute de hangars de stockage et d’acheteurs. Ce scénario intervient pourtant dans un contexte réglementaire qui semblait favorable : la suspension des importations d’oignons, en vigueur depuis le 16 janvier 2026.

1. La suspension des importations : une mesure insuffisante

La décision de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) de bloquer les importations visait à protéger la production locale. Cependant, l’absence de logistique de transport et de chaînes de froid empêche la production de Bakel d’irriguer les grands centres de consommation comme Dakar ou Touba. Résultat : une saturation du marché local qui entraîne une chute drastique des prix, souvent en dessous du seuil de rentabilité pour les cultivateurs.

2. Le défi du stockage et de la transformation

Le pourrissement des récoltes met en lumière une faille structurelle : le manque d’infrastructures de conservation. Sans capacité de stockage, le producteur est condamné à vendre sa récolte immédiatement, subissant ainsi la loi de l’offre et de la demande la plus brutale.

Cette situation souligne l’urgence de passer à une étape industrielle, comme préconisé dans les récents projets de l’ADL (Agence de Développement Local), pour transformer l’excédent en produits dérivés (oignon séché, poudre) et ainsi stabiliser les revenus.

3. Vers une régulation plus fine des pôles territoires

La crise de Bakel interroge la mise en œuvre de la réforme des 8 pôles territoires portée par le ministre Balla Moussa Fofana. Pour que la décentralisation soit un succès, chaque pôle doit non seulement produire, mais aussi disposer des outils de mise en marché.

  • La solution attendue : Une interconnexion plus forte entre les zones de production de la Vallée et les bourses de fret nationales.

  • L’enjeu : Garantir que le « consommer local » ne soit pas synonyme de perte pour ceux qui produisent.

4. Un impact social préoccupant

Pour les familles de Bakel, dont l’économie repose largement sur l’horticulture, ces pertes sèches compromettent la préparation de la Tabaski 2026. Malgré le démenti du Ministère des Finances concernant l’avance Tabaski, les producteurs ruraux, eux, ne disposent pas de ce filet de sécurité et comptent uniquement sur la vente de leurs récoltes.

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