Toubab Dialaw : La Diaspora et les forces vives s’unissent contre la « spoliation foncière »
Toubab Dialaw : La Diaspora et les forces vives s'unissent contre la « spoliation foncière »

L’ouverture des « 72 heures de la diaspora de Dialaw » a été marquée par un acte de résistance fort. Réunies autour d’un petit-déjeuner d’échanges, les autorités coutumières, religieuses et municipales ont scellé une union sacrée pour protéger les terres de la commune face au projet d’extension d’une Zone Économique Spéciale (ZES).
Une mobilisation sans précédent
Le coup d’envoi des festivités a rapidement pris une tournure citoyenne et politique. Dans une ambiance empreinte de convivialité mais de gravité, toutes les composantes de la société léboue étaient représentées :
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La Municipalité : Portée par le premier adjoint au maire et sa délégation.
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Le Sacré : Les imams ratib de Yene-Dialaw.
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La Tradition : Un collège impressionnant regroupant les chefs de villages (Toubab Dialaw, Yen Kaw, Ndoukoura Peul), le Ndeye Djirew, le Ndeye Niambour, les Saltigués et les chefs de Pench.
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La Société Civile : Les coordonnateurs des collectifs de défense des intérêts de Yene-Dialaw et de Daga.
600 hectares de discorde : Un village en sursis
Au cœur des débats : la réquisition annoncée de 600 hectares supplémentaires destinés à une zone économique spéciale. Pour les participants, le constat est sans appel : ce projet menace d’étouffer définitivement Toubab Dialaw, berceau historique de la culture lébou.
Les chiffres et les lieux cités donnent le vertige quant à l’impact social et humain :
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Près de 1 200 personnes impactées directement.
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La menace de disparition d’une école et d’un cimetière.
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La profanation potentielle d’un site de sacrifice traditionnel, pilier de l’identité locale.
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L’amputation des zones d’extension indispensables aux générations futures.
Le cri d’alarme de la Diaspora
Pour les membres de la diaspora, initiateurs de l’événement, l’inquiétude est profonde. Après des années de sacrifices à l’étranger, beaucoup voient leurs investissements immobiliers et leurs projets de retour au pays menacés d’anéantissement. « Nos projets de vie sont compromis par ce risque de spoliation », ont-ils martelé durant les échanges.
L’Union sacrée : Le « Pacte de Dialaw »
Face à ce qu’ils qualifient de « catastrophe sociale, culturelle et environnementale », les acteurs présents n’ont pas seulement partagé un constat, ils ont agi. La rencontre s’est conclue par la signature d’un pacte de mutualisation des forces.
Ce front commun, regroupant autorités traditionnelles, politiques et émigrés, entend faire bloc contre toute tentative d’expropriation qui ne respecterait pas les intérêts vitaux de la communauté. À Toubab Dialaw, la résistance foncière vient de trouver son état-major.


