
AFRICALEADNEWS – (Sénégal) À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, le Syndicat National des Travailleurs des Postes et Télécommunications (SNTPT) a brisé le silence. Dans un manifeste au ton particulièrement vif, le syndicat majoritaire dresse un bilan accablant de la gestion actuelle et appelle à une mobilisation générale face à une « gouvernance en décalage avec les enjeux réels ».
Par la Rédaction — Dakar, le 1er mai 2026
Le 1er mai est traditionnellement une journée de célébration. Mais à La Poste du Sénégal, l’heure est à la contestation. Pour le SNTPT, l’entreprise traverse une zone de turbulences inédite, marquée par des promesses non tenues et une détérioration continue du climat social.
Un espoir déçu : du « New Deal » à l’inertie
Il y a tout juste un an, l’idée d’un « New Deal Technologique » avait fait naître un espoir de relance. Pourtant, le syndicat constate aujourd’hui un « déficit d’initiative » total de la Direction générale. Même le Conseil interministériel du 1er septembre 2025, qui avait accouché de 15 mesures de redressement, semble être resté lettre morte.
« Cette inertie prolongée fragilise davantage une entreprise déjà éprouvée », déplore le manifeste, pointant une incapacité chronique à transformer les orientations politiques en actions opérationnelles.
Un déséquilibre financier alarmant
Le syndicat avance des chiffres qui font froid dans le dos. Selon les termes du manifeste, plus de 3,071 milliards de FCFA ont été engloutis dans des indemnités de départs négociés. Problème : dans le même temps, les recettes générées n’atteindraient même pas le milliard de francs CFA.
Pour le SNTPT, cette gestion est dénuée de cohérence économique. Pire, elle s’accompagne d’une dette sociale dépassant le milliard de FCFA, privant les agents d’accès aux crédits bancaires et compromettant sérieusement leurs futures retraites.
« Jub, Jubal, Jubanti » : Le slogan face à la réalité du terrain
Le syndicat ne mâche pas ses mots concernant le train de vie de la Direction. Le contraste est jugé saisissant :
Côté Direction : 50 millions de FCFA auraient été mobilisés pour la réfection du logement de fonction du Directeur général, sans couverture budgétaire.
Côté Réseau : Les bureaux de Kaolack RP et Ziguinchor RP sont fermés faute de moyens, tandis que Dakar Fann, vitrine de l’entreprise, sombre dans un délabrement avancé.
Le manifeste dénonce également l’absence de visites de terrain du Directeur général, qu’il oppose à une multiplication de missions à l’étranger totalisant près de 30 jours au premier trimestre 2026.
Les exigences du SNTPT : Quatre points non négociables
Refusant toute forme de résignation, le syndicat exige des mesures d’urgence pour sauver l’outil de travail : Exécution des 15 mesures interministérielles : Une application intégrale et sans délai pour garantir la survie de La Poste. Apurement de la dette sociale : Le paiement immédiat des sommes dues pour restaurer la dignité des agents. Respect des accords et du droit : Notamment l’application des nouveaux taux de la prime de transport en vigueur depuis 2023. Dialogue social sincère : La reconnaissance pleine et entière du rôle du syndicat majoritaire.
La fin du temps de l’improvisation
Le SNTPT prévient : le temps des décisions unilatérales est terminé. En appelant à une conscience collective des postières et postiers, le manifeste se veut un dernier avertissement avant une possible escalade de la tension sociale.
À l’heure où le Sénégal mise sur la transformation numérique, La Poste, pilier historique, semble plus que jamais à la croisée des chemins. Le silence de la Direction générale face à ces accusations pèse désormais lourd sur l’avenir du secteur postal national.


