Gabon : le Dr Iloko Boussengui traîne la CNAMGS en justice pour « rupture du pacte social »
Gabon : le Dr Iloko Boussengui traîne la CNAMGS en justice pour « rupture du pacte social »

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le président du parti Large Rassemblement Arc-en-ciel (LRA), le Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui, lance une offensive judiciaire contre l’organisme d’assurance maladie obligatoire du Gabon, dénonçant un système qui continue de prélever les cotisations des citoyens sans plus garantir leur accès aux soins de santé.
Le silence n’est plus une option pour Stéphane Germain Iloko Boussengui. Alors que le délai de huit jours qu’il avait accordé aux autorités pour redresser la barre est arrivé à son terme ce dimanche, le constat dressé par le leader politique est sans appel. Pour lui, la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) est passée du statut de bouclier social à celui de structure défaillante qui « prélève mais ne protège plus ». Ce blocage opérationnel, qui prive de nombreux Gabonais d’un accès aux soins essentiels, marque selon lui une rupture brutale du contrat liant l’État à ses citoyens.
Un système à bout de souffle et un pacte rompu
L’analyse du président du LRA pointe une déconnexion profonde entre les prélèvements obligatoires et la réalité du terrain médical au Gabon. « La CNAMGS continue de prélever les cotisations. Mais elle ne garantit plus les soins. Elle encaisse. Mais elle n’assume plus », déplore-t-il avec amertume. Cette situation se traduit par des pharmacies qui ferment leurs portes aux assurés et des médecins contraints de se retirer d’un système qui ne les rémunère plus. Dans ce contexte de crise, le Dr Iloko Boussengui souligne un paradoxe macabre où « ce sont désormais les pompes funèbres qui prospèrent » tandis que les hôpitaux se vident de leurs moyens.
Au-delà du dysfonctionnement administratif, c’est le climat politique global que le dirigeant du LRA remet en question. Il fustige un appareil dirigeant qu’il juge davantage préoccupé par les réformes institutionnelles et les voyages officiels que par l’urgence sanitaire. « On ne peut pas détourner le regard pendant que des citoyens meurent faute de soins », martèle-t-il. Pour lui, si aucune mesure concrète n’est prise, cela reviendrait à admettre « que le 30 août 2023 n’a pas changé la condition des citoyens » et que les promesses de rupture de la nouvelle ère restent de simples slogans.
L’offensive judiciaire comme dernier recours
Déterminé à transformer ce constat en action, Stéphane Germain Iloko Boussengui a annoncé le passage à l’offensive sur le terrain du droit. « Une procédure judiciaire sera engagée », prévient-il, précisant qu’elle visera non seulement la CNAMGS mais également les décideurs dont l’inaction est jugée coupable. Les griefs sont lourds : mise en danger de la vie d’autrui et rupture du service public.
En saisissant les juridictions nationales, et potentiellement internationales, le leader politique entend placer la responsabilité au cœur du débat public, rappelant que la santé n’est pas un privilège mais un droit fondamental inaliénable. Cette mise en demeure judiciaire place désormais l’exécutif face à ses responsabilités, dans un dossier où l’urgence vitale semble avoir pris le pas sur le débat politique classique.
Vigny Ngami-Tsiba


