
AFRICALEADNEWS – (RDC) À l’ouverture de la 13e conférence des gouverneurs au Bandundu, le chef de l’État a dressé un constat sans concession sur le décalage entre les ressources naturelles immenses de la République démocratique du Congo et la précarité de sa population.
Le 24 mars 2026, dans la province du Kwilu, le président Félix-Antoine Tshisekedi a ouvert les travaux par un diagnostic direct. La République démocratique du Congo demeure un pays aux atouts exceptionnels, mais dont les citoyens restent prisonniers de la pauvreté. Ce paradoxe, dénoncé avec force devant les chefs des exécutifs provinciaux, met en lumière l’urgence d’une refonte de la gouvernance territoriale.
Un diagnostic de l’abondance inexploitée
« Nous avons des terres fertiles, une richesse en eau incomparable et une jeunesse pleine de potentiel », a rappelé le chef de l’État lors de son allocution. Pourtant, ces piliers ne se traduisent toujours pas en prospérité partagée. La RDC dispose de plus de 80 millions d’hectares de terres arables et d’un réseau hydrographique parmi les plus denses au monde, mais ces richesses restent soit sous-exploitées, soit captées par des circuits opaques.
Pour le président, la transformation de cette abondance en développement réel passe par une planification agricole rigoureuse afin de garantir la sécurité alimentaire et réduire la dépendance aux importations. Il a également insisté sur la valorisation des ressources hydrauliques pour l’énergie et l’irrigation, tout en désignant l’investissement dans la jeunesse comme le moteur indispensable du changement.
Les provinces au cœur de la transformation
Cette conférence, qui réunit les responsables provinciaux, s’impose comme le cadre stratégique pour repenser l’action publique. Le chef de l’État a appelé les gouverneurs à jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre des projets, en privilégiant la transparence. Selon lui, la décentralisation ne doit pas se limiter à un simple transfert de responsabilités, mais devenir un véritable levier de croissance locale.
Le message présidentiel dépasse désormais le cadre institutionnel pour interpeller la société congolaise dans son ensemble. Alors que le discours marque une reconnaissance des contradictions nationales, il ouvre un chantier immense : celui de la conversion des ressources en une prospérité inclusive. La question reste brûlante de savoir quand la richesse du sol et du sous-sol profitera enfin concrètement à chaque Congolais.
Bona Masanu



