Economie
Gabon : SEEG vs Karpowership, les coulisses d’une rupture évitée de justesse
Gabon : SEEG vs Karpowership, les coulisses d’une rupture évitée de justesse

AFRICALEADNEWS – ( Gabon ) Alors que la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a publié, le 18 mars 2026, un communiqué démentant toute suspension des capacités de production de Karpowership (KPS), des documents émanant du fournisseur turc viennent nuancer cette position officielle.
Dans une correspondance datée du 17 mars 2026, adressée aux autorités gabonaises et à la direction de la SEEG, Karpowership évoque des « difficultés opérationnelles et contractuelles persistantes affectant actuellement les activités du Powership au Gabon ». L’entreprise précise en outre que, « à ce jour (…) nous n’avons toujours reçu aucun paiement ni aucune confirmation concrète permettant d’assurer la viabilité opérationnelle de nos activités », pointant ainsi des retards financiers susceptibles de compromettre la continuité du service.
La situation est jugée suffisamment préoccupante pour que le fournisseur alerte sur l’impossibilité de poursuivre ses opérations dans les conditions actuelles : « sans le soutien des paiements contractuellement dus, il ne nous est malheureusement plus possible de poursuivre l’exploitation ». Plus explicite encore, Karpowership évoque une issue radicale, indiquant que « en l’absence de règlement immédiat de 15 (quinze) milliards FCFA, nous nous voyons contraints de procéder à l’arrêt total de la production (…) le 17 mars 2026 à 23h59 ».
Ces éléments contrastent avec la communication officielle de la SEEG, qui assure qu’« aucun retrait unilatéral ou définitif » n’a été acté et que toutes les dispositions sont prises pour garantir la continuité du service. Si la crise semble avoir été réglée en coulisse in extremis, cette tension latente entre les deux entités révèle les fragilités du dispositif énergétique du Grand Libreville.
Cette situation met en lumière la précarité d’une stratégie d’approvisionnement largement dépendante de solutions thermiques externes et de partenaires privés. Elle ravive surtout les inquiétudes des populations, dont le quotidien reste suspendu à la solidité d’engagements financiers dont la défaillance pourrait, à tout moment, plonger la capitale dans l’obscurité.
Christelle Besseghe



