Gabon : Freddy Koula Moussavou condamné pour injure publique, le dirigeant sportif interjette appel
Gabon : Freddy Koula Moussavou condamné pour injure publique, le dirigeant sportif interjette appel

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le Tribunal de première instance de Libreville a rendu son verdict ce 3 mars 2026 dans l’affaire opposant le président de club, Freddy Koula Moussavou, au patron de la Fédération gabonaise de football, Pierre-Alain Mounguengui. Le prévenu écope de six mois de prison avec sursis et doit verser deux millions de francs CFA à la victime au titre des dommages et intérêts.
Le différend puise sa source dans une intervention médiatique datant de février 2025, lors de l’émission Grand Sport diffusée sur la première chaîne nationale. Invité en sa qualité de président de club, Freddy Koula avait analysé le parcours du patron du football gabonais avec une virulence qui l’a mené devant les tribunaux de droit commun. « Le président de la fédération qui est notre partenaire peut mieux faire les choses parce qu’il a la possibilité », avait-il soutenu au micro, avant de glisser vers une formulation plus polémique : « Il ne peut pas être devenu en 10 ans 11 ans un minable alors qu’il était très bon, entre guillemets, même s’il est vrai qu’il y a beaucoup de gens qui disent que c’était un minable arbitre ».
Si l’acteur sportif avait complété ses propos en affirmant que l’intéressé « était un très bon enseignant d’EPS » et « un bon président de la ligue nationale », l’usage répété du terme « minable » a conduit Pierre-Alain Mounguengui à porter plainte pour diffamation. Le tribunal a cependant choisi de requalifier les faits en injure publique en s’appuyant sur l’article 286 du Code pénal gabonais. Ce texte dispose que « l’injure est toute expression outrageante, terme de mépris ou d’invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait » et précise que « l’auteur de l’injure publique est puni d’un emprisonnement de six mois au plus et d’une amende de 1 000 000 de francs au plus ». Cette base juridique a permis de sanctionner l’outrage sans qu’il repose sur des faits précis imputés à la victime.
Au lendemain du délibéré, le 4 mars, Freddy Koula Moussavou a réagi publiquement pour clarifier sa situation et rassurer ses partisans. « Je le dis clairement : je n’irai pas en prison. Le jugement ne prononce aucune peine de prison ferme à mon encontre », a-t-il précisé sur ses réseaux sociaux. Le dirigeant, actif dans le football gabonais depuis plus d’une décennie, a également souligné un élément de défense crucial à ses yeux : « Point majeur : la justice a écarté la diffamation. La plainte initiale, présentée comme une diffamation, n’a pas été retenue », explique-t-il.
Désireux de laver son honneur, celui qui préside aux destinées de l’Atlético Akanda et de Moabi Aigles-Lunga a d’ores et déjà porté l’affaire devant la juridiction supérieure. Accompagné par le Cabinet Kalmie Avocats Associés, il a déposé une déclaration d’appel dès le 4 mars. « Je précise aussi un fait : je n’ai injurié personne lors de l’émission Grand Sport », martèle-t-il, se disant désormais déterminé à faire valoir ses droits devant la Cour d’appel de Libreville.
Vigny Ngami-Tsiba



