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Gabon : la HAC défend la suspension des réseaux sociaux au nom de l’ordre numérique

Gabon : la HAC défend la suspension des réseaux sociaux au nom de l’ordre numérique

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Deux semaines après la restriction d’accès à plusieurs réseaux sociaux, le président de la Haute Autorité de la Communication, Germain Ngoyo Moussavou, sort du silence lors d’une interview donnée à l’union. Face aux critiques, le régulateur assume une décision qu’il qualifie de provisoire et légalement fondée, destinée selon lui à restaurer un espace numérique plus responsable et sécurisé.

La mesure, effective depuis le 17 février 2026, continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion. Pour le président de la HAC, il ne s’agit ni d’une coupure d’internet ni d’une volonté de museler les voix discordantes. L’objectif affiché est ailleurs : mettre un terme aux dérives observées sur certaines plateformes, entre désinformation, discours haineux et contenus diffamatoires, qui, selon lui, fragilisent la cohésion sociale.

Dans son argumentaire, le régulateur invoque le cadre légal. La décision découle des prérogatives reconnues à la HAC par la loi n°014/2023 portant réorganisation de l’institution, laquelle lui confère compétence en matière de régulation du secteur audiovisuel et numérique. Autrement dit, le cyberespace relève pleinement de son champ d’action. « La liberté d’expression est garantie », rappelle-t-il, tout en soulignant que celle-ci doit s’exercer dans le respect des lois et de l’ordre public.

Au-delà de la suspension temporaire, les autorités envisagent une réforme plus profonde de l’écosystème numérique. Lors du dernier Conseil des ministres, présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema, plusieurs projets d’ordonnance ont été examinés, dont un texte visant à encadrer spécifiquement l’usage des réseaux sociaux au Gabon. Pour la HAC, cette évolution normative constitue une avancée majeure, susceptible de combler les lacunes juridiques jusque-là relevées dans la régulation des plateformes internationales.

Dans ce contexte, une délégation du réseau social TikTok est annoncée à Libreville pour ouvrir un dialogue sur les mécanismes de modération des contenus. Un signal que les autorités interprètent comme une reconnaissance de la nécessité d’une coopération entre États et plateformes numériques.

Reste la question sensible des VPN, largement utilisés pour contourner la suspension. La HAC affirme travailler avec les fournisseurs d’accès afin d’assurer l’application effective de la décision, tout en distinguant les usages professionnels sécurisés des outils destinés à contourner les restrictions.

Entre impératif de régulation et exigence démocratique, le débat reste ouvert. Pour ses défenseurs, la démarche vise à protéger la dignité des citoyens et l’intégrité de l’espace public numérique. Pour ses détracteurs, elle interroge l’équilibre entre sécurité et libertés. Au Gabon, la bataille du numérique s’inscrit désormais au cœur des enjeux institutionnels.

Christelle Besseghe

Africaleadnews

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