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Affaire de silex- Les défendeurs de MAOR TECHNOLOGIES tiennent bon…

Affaire de silex- Les défendeurs de MAOR TECHNOLOGIES tiennent bon...

Alors que dialogue politique bat son plein avec l’ouverture officielle ce mercredi 28 mai 2025, se joue sur le terrain judiciaire un combat économique voire de souveraineté entre une société sénégalaise MAOR TECHNOLOGIES et le géant SOCIETE INDUSTRIES CHIMIQUES DU SENEGAL (ICS), le plus grand producteur d’engrais phosphatés en Afrique subsaharienne tenu par INDORAMA.
Qu’en est-il de cette affaire de silex dont a besoin du reste le Port de Ndayane si ce n’est le refus catégorique des ICS et puissants Indiens opposé au Sénégalais MAOR TECHNOLOGIES d’exploiter le silex, comme le lui a autorisé l’Etat du Sénégal, conformément aux dispositions du Code minier et à la concession accordée à ces mêmes ICS, à qui ladite concession limite l’exploitation aux phosphates de chaux et d’alumine qui, après extraction et traitement, produisent des rejets d’exploitation constitués notamment de silex, de sable, d’argiles et de phosphates pauvres.
Fort de cette considération légale formulée dans la concession rappelée aux puissants Indiens par Oumar Sarr, alors ministre des Mines sous l’actuel controversé ex-Président Macky Sall, le sort des rejets d’exploitation reste la propriété de l’Etat et est encadré et réglé par l’article 53 du Code minier qui soumet leur exploitation, leur traitement et leur valorisation à autorisation préalable du ministre chargé des mines. Comme indiqué par Oumar Sarr aux deux parties à travers une missive sans équivoque.
Le Sénégalais MAOR TECHNOLOGIES était cependant loin de se douter que le Code minier sénégalais sur lequel se fondait le chef du département pour lui accorder son autorisation en vue de la transformation du silex en matériaux de construction serait superbement ignoré par les ICS.
Il faut être sacrément fortiche pour envoyer promener le département surtout quand on sait que dans une affaire similaire la Cour suprême avait rendu un arrêt – l’arrêt numéro 43 du 26 juillet 2012.
En effet, la Haute juridiction avait déclaré mal fondés l’ensemble des arguments mis en avant par les ICS et réitérés dans le cadre de cette procédure. Il est à se demander si un investisseur sénégalais aura la même puissance et latitude vis-à-vis d’un Indien à New Delhi. Mais ne faisons pas la xénophobie, il ne s’agit pas de ça, même on se doit de rappeler que la souveraineté ne peut se suffire à un rappel. Faudrait-il encore que la volonté se traduise en actes. Même si l’on sait qu’un souverainiste n’est pas forcément souverain.
Les défendeurs de MAOR TECHNOLOGIES tiennent bon ce coup-ci, dans la mesure où le régime juridique du silex soumet la matière, dans son exploitation, son traitement et sa valorisation à l’autorisation du ministre et donc au profit de l’opérateur sénégalais et ses défendeurs qui attendent de voir. Ce serait un comble qu’INDORAMA pour ne par dire les Indiens prennent par eux et pour eux le beurre et l’argent du beurre.
Comme le dit un célèbre chroniqueur que je me garderai de citer au risque de me faire passer pour un « résidu », laissons la justice trancher, à nouveau, le litige le 16 juin prochain après un renvoi demandé en vue de permettre à la partie adverse d’apporter ses répliques à l’audience de la Cour d’appel. Oui, il n’y a pas d’alternative à justice, surtout en ces temps qui courent.
Pour rappel, INDORAMA a acquis les ICS en 2014. L’entreprise a commencé l’exploitation de la roche phosphatée en 1960 et la production d’acide phosphorique en 1984. Les ICS qui sont le plus grand complexe industriel du Sénégal se composent de trois sites. Un site minier situé à 100 km de la capitale Dakar possédant d’importantes réserves de minerai de phosphate de haute qualité. Des usines d’acide phosphorique situées à Darou avec une capacité de production de 600 000 tonnes par an.
Enfin, une usine d’engrais en aval située à Mbao, près de Dakar produisant 250 000 tonnes par an de produits DAP et NPK.
Les ICS ont une logistique bien intégrée, y compris l’accès au système ferroviaire, leur propre flotte de locomotives et de wagons, un poste d’amarrage dédié au port de Dakar. Les ICS exportent la majorité de leur acide phosphorique vers l’Inde, tandis qu’elles vendent leurs engrais en Afrique de l’Ouest et sur les marchés internationaux.
Concernant MAOR TECHNOLOGIES outre l’intérêt pour l’exploitation de silex qui devrait prendre la route du port de Ndayane pour des travaux de construction, il s’intéresse aussi à la connexion des ports du pays à travers un ambitieux consortium du nom de Jambaar.
Charles Faye

Africaleadnews

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