
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Renversé lors du coup d’État d’août 2023 et désormais établi en Europe, l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba a repris la parole le 21 octobre 2026 dans une allocution solennelle. Dans ce discours adressé aux militants du Parti démocratique gabonais (PDG), l’ex-chef de l’État conteste la légitimité et la légalité du conclave du 7 mars 2024 ayant porté Blaise Louembé à la tête de la formation politique. Affirmant n’avoir jamais démissionné de ses fonctions et qualifiant ses précédentes déclarations de renoncement comme ayant été faites sous la contrainte, il annonce sa volonté de reprendre en main le PDG et de le positionner fermement dans l’opposition.
Cette prise de position marque une rupture ouverte avec les instances qui dirigent actuellement l’ancien parti au pouvoir depuis le siège de Libreville. Rejetant les décisions prises au cours des derniers mois, Ali Bongo Ondimba dénonce une prise de contrôle illégitime du PDG par une direction de fait. Revenir sur les conditions de son retrait supposé constituait, selon lui, un préalable indispensable pour rétablir la vérité des faits. « Ces mots-là, ces mots, je les ai prononcés dans ces circonstances-là, c’est-à-dire sous la contrainte », a expliqué l’ancien chef de l’État pour justifier l’annulation de sa déclaration de renoncement de septembre 2024.
L’ancien président s’en est également pris au refus de dialogue de la direction actuelle, évoquant une tentative de médiation restée sans réponse. « J’ai invité au début de ce mois le camarade Blaise Louembe et deux camarades de son choix à me rencontrer à Paris pour construire ensemble une sortie de crise. Ils ne sont pas venus », a déploré le dirigeant déchu. Face à ce qu’il qualifie de tentative de captation de la formation politique par des influences extérieures, il a rappelé ses prérogatives statutaires et sa détermination à mener la réorganisation du parti. « Je suis le président actuel du Parti Démocratique Gabonais, désigné et reconduit par nos congrès depuis 2009 », a martelé l’ancien président de la République.
Sur le plan de l’orientation stratégique, Ali Bongo Ondimba rejette la posture d’accompagnement adoptée par la direction en place vis-à-vis des autorités actuelles. Refusant que le PDG ne serve de soutien passif, il plaide pour un ancrage clair et sans ambiguïté dans le paysage politique national. « Nous avons perdu le pouvoir, notre place est donc logiquement dans l’opposition », a-t-il affirmé. Pour concrétiser cette ligne, il propose une feuille de route comprenant le rétablissement de la légalité statutaire, la mise en place d’une gestion transitoire inclusive et la tenue d’un congrès général où les militants choisiront librement leurs futurs dirigeants.
Cette initiative rouvre directement la bataille pour le contrôle du PDG. L’avenir dira si cet appel d’Ali Bongo lancé depuis l’exil suffira à ébranler Blaise Louembé et ses alliés, qui tiennent toujours les commandes du parti à Libreville.
Vigny Ngami-Tsiba



