
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Malgré l’incarcération de son président Alain-Claude Bilie-By-Nze, le parti Ensemble pour le Gabon (EPG) entend prouver sa résilience. Réunis le 17 octobre 2026 à Mindoubé 1, dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville, les responsables de cette formation de l’opposition ont mis à profit la présentation officielle de leur nouveau siège national pour envoyer un message clair de continuité politique et réclamer la libération de l’ancien Premier ministre.
Face aux professionnels des médias, le vice-président d’EPG, Théophile Makita Niembo, a tenu à cadrer les enjeux de ce rassemblement : l’ouverture de ce nouveau cadre de travail vise à démontrer que l’action du parti envers le peuple gabonais ne saurait être suspendue aux aléas judiciaires. « Ce siège est bien plus qu’un local administratif. Il est un point d’ancrage, un lieu de concertation, d’organisation et de préparation de nos actions. Nous ne sommes donc pas réunis pour constater un recul, mais pour affirmer une continuité. L’absence de notre président ne signifie pas l’absence de notre Parti », a-t-il affirmé avec gravité, traduisant la volonté de l’organisation de préserver toute sa place dans le débat national.
Rappelant le statut d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, figure centrale de l’opposition arrivée en deuxième position lors du dernier scrutin présidentiel, Théophile Makita Niembo a exprimé une vive inquiétude face à la prolongation de sa détention préventive. « Arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle, il s’affirme comme le premier opposant au pouvoir actuel et incarne une voix majeure du pluralisme politique dans notre pays », a-t-il rappelé, avant d’ajouter que « la détention ne doit jamais devenir une situation banalisée par le seul écoulement du temps ».
La direction d’EPG exige ainsi que son chef retrouve la liberté dans les meilleurs délais, tout en insistant sur le fait qu’il s’agit d’une exigence de justice et non d’une demande de faveur. « Nous ne réclamons aucun privilège en raison de son statut politique. Nous demandons que ses droits soient pleinement garantis et que sa situation connaisse une issue juste », a souligné l’orateur.
Au-delà de la situation personnelle de son chef de file, le parti interpelle les autorités ainsi que l’opinion internationale sur les répercussions de cette incarcération. « Lorsqu’un homme politique arrivé en deuxième position à l’élection présidentielle demeure incarcéré, la situation attire légitimement l’attention sur le fonctionnement des institutions et sur les garanties accordées aux acteurs politiques », a martelé le vice-président, soulevant une interrogation essentielle sur le climat démocratique : « Comment garantir la confiance des citoyens dans les institutions lorsque la détention prolongée d’une figure majeure de l’opposition suscite autant d’interrogations ? »
Soucieux d’inscrire sa démarche dans un cadre strictement républicain et légal, Ensemble pour le Gabon a réitéré son attachement au dialogue tout en appelant ses militants à demeurer mobilisés et disciplinés. En affirmant sa dignité dans l’épreuve, la formation politique entend rappeler aux autorités comme aux partenaires internationaux que la crédibilité d’un État de droit repose avant tout sur sa capacité à protéger le pluralisme et à garantir l’exercice serein de l’opposition. « La crédibilité d’un État de droit se mesure aussi à sa capacité à garantir les droits de ceux qui contestent le pouvoir et proposent une autre vision de l’avenir national. Nous voulons un Gabon dans lequel les divergences politiques ne compromettent jamais les droits fondamentaux », a conclu Théophile Makita Niembo.
Vigny Ngami-Tsiba



