Gabon : Brice Clotaire Oligui Nguema réorganise le secteur pétrolier et lance la réflexion sur les subventions
Gabon : Brice Clotaire Oligui Nguema réorganise le secteur pétrolier et lance la réflexion sur les subventions

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Lors du Conseil des ministres qu’il a présidé le jeudi 8 octobre 2026, le président gabonais est revenu en détail sur la grave pénurie de carburant qui a perturbé le quotidien des ménages et l’activité des entreprises ces derniers jours. Alors que le ravitaillement des stations-service reprend progressivement grâce à l’arrivée de nouveaux navires, Oligui Nguema entend résoudre le problème à la racine. Au-delà des réponses d’urgence, il demande une restructuration globale du système d’approvisionnement national et ouvre le débat sur une révision des aides de l’État à la pompe.
Conscient des difficultés vécues par la population et le monde des affaires, le chef de l’État gabonais a d’abord tenu à adresser un message de compréhension. Durant les travaux, « le Président de la République a entretenu le Conseil de la grave pénurie de carburant que la République Gabonaise vient de traverser », indique le communiqué final, précisant que « le Chef de l’État a pris la pleine mesure des difficultés qu’elle a imposées aux populations comme aux opérateurs économiques ». Pour éviter que cette crise ne se répète à la moindre secousse internationale, un plan d’action en trois axes a été demandé au gouvernement : moderniser la Société gabonaise de raffinage (Sogara), augmenter les réserves de sécurité et lancer sans attendre les études pour construire une nouvelle raffinerie.
En plus de ce chantier industriel, le président Oligui Nguema souhaite s’attaquer au coût financier des carburants pour le budget public. Il demande à son équipe de réfléchir à une réduction, voire à une suppression à terme, du système de soutien aux prix de l’essence et du gasoil. Il faut dire que la facture est devenue particulièrement lourde. « Cette charge mensuelle, comprise entre sept milliards (7 000 000 000) et neuf milliards (9 000 000 000) de francs CFA avant la guerre en Ukraine, a atteint quinze milliards (15 000 000 000) de francs CFA au cours de cette crise », rappelle le communiqué final, avant de souligner qu’ « elle s’est élevée pour atteindre la somme de trente milliards (30 000 000 000) de francs CFA en septembre 2026, sous l’effet de la crise au Moyen-Orient ».
Mettre fin à cette aide permettrait certes de dégager de l’argent pour rénover les hôpitaux, bâtir des écoles ou soutenir les familles démunies. Mais la démarche effraie sur le plan social : sans subvention, le prix du litre d’essence ou de gasoil grimpera, entraînant une hausse mécanique des tarifs de taxis, de transports de marchandises et des prix des denrées alimentaires.
Dans le même temps, le président a tenu à recadrer les dérapages observés pendant la crise, « nul ne saurait tirer profit de la détresse des populations », rapporte le communiqué final, avant d’ordonner des contrôles stricts contre les revendeurs à la sauvette et le transport de carburant dans des bidons non sécurisés.
En posant publiquement la question du prix réel du carburant au cours de ce Conseil des ministres, l’exécutif invite le pays à un choix crucial pour ses finances et son économie. Toute la difficulté sera désormais de trouver un équilibre raisonnable : protéger les caisses de l’État sans asphyxier le porte-monnaie des Gabonais.
Vigny Ngami-Tsiba



