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Gabon : quand la plume de Fidèle Afanou Édémbé raille la « guerre des poulets » de Washington

Gabon : quand la plume de Fidèle Afanou Édémbé raille la « guerre des poulets » de Washington

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Révélée lors du Conseil des ministres du 18 septembre 2026 à Port-Gentil, l’offensive menée par Washington devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contrer l’interdiction gabonaise d’importer du poulet de chair dès le 1er janvier 2027 fait de grands vagues. Dans son « Aparté n° 39 » paru le lundi 28 septembre 2026, le chroniqueur Fidèle Afanou Édémbé s’empare de cette querelle diplomatique avec une ironie mordante, décortiquant les travers du libre-échange pour mieux porter le plaidoyer de la souveraineté alimentaire nationale.

L’auteur expose d’abord le décalage absurde entre la puissance de la diplomatie américaine et la réalité des chiffres. Alors que le Gabon engloutit chaque année près de 100 000 tonnes de volaille surgelée (soit une facture vertigineuse de 85 milliards de FCFA), les fermes américaines n’en fournissent que 9 600 tonnes, représentant à peine 12 millions de dollars. « La première puissance mondiale déploie son artillerie juridique internationale pour protéger 0,3 % de ses exportations globales de volaille ! », s’étonne le chroniqueur. Moquant le courroux américain face à cette volonté de produire localement, il fait observer avec beaucoup d’ironie que « le véritable épicentre de la géopolitique mondiale vient de se déplacer dans la basse-cour ».

Le pamphlétaire ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque la qualité douteuse des produits importés qui inondent les assiettes, au détriment de l’élevage local à Akanda, Nzeng-Ayong ou la Balise. Il pointe du doigt cette viande venue d’outre-Atlantique, « savamment injectée d’eau et de chlore, ayant passé plus de temps dans un conteneur que dans une basse-cour ». Pour lui, la réaction de l’Oncle Sam face au désir de manger frais frôle le grotesque le plus total. « Faut-il s’attendre au déploiement d’un porte-avions dans le golfe de Guinée pour escorter des stocks de blancs de poulet surgelés ? », s’interroge-t-il.

La chronique met aussi en lumière le cynisme des grandes instances internationales envers les pays en développement. Fidèle Afanou Édémbé s’insurge contre la posture de Genève, qui réclame 164 millions de FCFA d’arriérés de cotisations au Gabon tout en cherchant à bloquer ses réformes agricoles. « On vous refuse le droit de manger local parce que vous n’avez pas payé votre ticket d’entrée au club des exploiteurs », fustige le journaliste. Qualifiant la manœuvre de Washington de « harcèlement juridique de cour de récréation », il déplore que le droit des peuples à se nourrir soit sacrifié sur l’autel du profit.

Face à cette tempête dans un verre d’eau, Libreville entend bien garder son cap vers l’autonomie agricole d’ici 2027. « Le Gabon maintient son cap avec un stoïque calme olympien », assure Afanou Edémbé. Il achève son texte sur un dernier trait de dérision à l’endroit des géants de l’agro-industrie américaine. « Si l’Oncle Sam a vraiment un trop-plein de pilons industriels sur les bras, il pourra toujours essayer de les revendre à la cantine de l’OMC, à Genève », ironise-t-il. En maniant ainsi l’absurde et la métaphore ciselée, il fait du rire l’arme ultime pour transformer ce litige commercial en une leçon de dignité face au géant américain.

Vigny Ngami-Tsiba

Africaleadnews

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