Gabon : clarification de l’État dans l’affaire des biens mal acquis
Gabon : clarification de l'État dans l'affaire des biens mal acquis

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’État gabonais a récemment transmis un mémoire au juge d’instruction français dans l’affaire des « biens mal acquis ». Cette vaste enquête anticorruption, ouverte en 2007 par des ONG, cible l’acquisition frauduleuse en France de plus de 50 résidences de luxe, d’hôtels particuliers parisiens et de véhicules de grand standing. La démarche de Libreville vise à soutenir l’intégralité des réquisitions du Parquet national financier publiées en juillet dernier, lesquelles visent 23 personnes physiques et morales, dont neuf enfants du défunt président Omar Bongo Ondimba, sans toutefois cibler spécifiquement les proches du pouvoir congolais.
L’avocat de Libreville, Me Vivien Amos Makaga Péa, a tenu à recadrer la portée de cette intervention judiciaire. Il précise que la constitution de l’État en tant que partie civile ne constitue ni une plainte, ni un acte de poursuite visant individuellement des personnalités comme Antoinette Sassou-Nguesso, Omar-Denis Junior Bongo, Yacine Queenie Bongo ou l’ex-Miss France Sonia Rolland. L’objectif est d’adopter une position uniforme sur l’ensemble du dossier qui met également en cause des entités financières et privées telles que BNP Paribas ou la société Atelier 74.
L’affaire, dont les premières plaintes remontent à l’époque où le président Omar Bongo était au pouvoir, a vu l’admission définitive du Gabon comme partie civile en mars 2023. La justice française a estimé que les autorités gabonaises représentent la victime directe des détournements présumés et ne doivent pas être confondues avec les anciens dirigeants mis en cause.
Au-delà des enjeux pénal et diplomatique, la démarche de Libreville répond principalement à un impératif financier. L’État cherche à garantir la restitution des biens saisis afin que les fonds confisqués soient directement reversés au Trésor public gabonais plutôt qu’intégrés dans des programmes de coopération gérés par la France.
Cette posture juridique rigoureuse vise à préserver les chances de réparation du préjudice subi. En maintenant un soutien global aux conclusions du parquet sans sélectivité, Libreville entend faire primer la récupération de l’argent public détourné sous le règne d’Omar Bongo sur toute considération politique.
Vigny Ngami-Tsiba



