État d’urgence de l’eau au Gabon : le gouvernement réajuste son plan et rappelle les opérateurs privés à la rescousse
État d’urgence de l’eau au Gabon : le gouvernement réajuste son plan et rappelle les opérateurs privés à la rescousse

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Face aux réalités du terrain, le gouvernement gabonais a opéré un virage stratégique ce 2 juillet 2026, à peine vingt-quatre heures après le lancement de l’opération « État d’urgence de l’eau ». Tout en maintenant ce dispositif exceptionnel, un nouveau communiqué annonce la réintégration immédiate des livreurs d’eau privés, initialement interdits d’activité et dont plusieurs véhicules avaient été arraisonnés.
Ce rétropédalage spectaculaire s’explique par les difficultés majeures enregistrées lors de la première journée. Les forces de défense et de sécurité, chargées de la distribution exclusive, ont été rapidement débordées par l’ampleur de la demande dans le Grand Libreville. Entre des numéros verts saturés et l’impossibilité de ravitailler à temps des milliers de foyers habitués aux circuits privés, la colère des usagers est vite remontée jusqu’aux plus hautes autorités. Ce constat met en lumière une mesure sans doute prise à la hâte, sans évaluation logistique préalable. On peut néanmoins saluer la réactivité et la souplesse des gouvernants, qui ont su reculer et réajuster leur copie face aux blocages du terrain.
Pour encadrer ce retour, l’État impose de nouvelles règles strictes. Les opérateurs économiques doivent désormais obtenir une homologation auprès du ministère de l’Accès universel à l’eau et travailler de concert avec les forces de l’ordre. Surtout, ils sont tenus de respecter la nouvelle grille tarifaire imposée pour soulager le portefeuille des Gabonais. Les 1 000 litres sont désormais fixés à 4 000 FCFA et les 500 litres à 2 000 FCFA, alors que ces volumes s’achetaient respectivement à 10 000 FCFA et 5 000 FCFA sur le marché informel.
En contrepartie de cet effort sur les prix, le gouvernement accorde d’importantes facilités, notamment la suspension des taxes municipales et commerciales pendant toute la durée de l’état d’urgence, complétée par une interdiction des contrôles policiers sur les camions-citernes.
Vigny Ngami-Tsiba



