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Gabon : Bénicien Bouschedy tacle la ministre du Commerce sur la tenue africaine  

Gabon : Bénicien Bouschedy tacle la ministre du Commerce sur la tenue africaine  

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’ambition culturelle se heurte à la réalité économique. Si le décret du 30 avril 2026 imposant la tenue africaine le vendredi est déjà respecté dans les administrations, les projections de la ministre du Commerce font polémique. Invitée à l’émission « Le Gouvernement s’exprime », Zenaba Gninga Chaning a affirmé que ce secteur « pourrait permettre d’employer près de 10 000 à 20 000 Gabonais sur l’ensemble du territoire », provoquant l’incrédulité de l’opinion et la réaction immédiate de l’écrivain Bénicien Bouschedy, qui dénonce un manque total d’anticipation structurelle en amont.

Bénicien Bouschedy a frontalement recadré la ministre dans une tribune : « Non, Madame la Ministre, ce n’est pas ainsi que fonctionne la philosophie de la gouvernance. Gouverner, c’est se projeter, non surprendre. Avant de parler d’emploi dans un secteur, on forme ». L’auteur fustige l’absence de statistiques et de structures de formation.

Pour l’homme de lettres, cette impréparation va pénaliser les artisans locaux. « Combien de tailleurs gabonais avez-vous recensés dans l’Estuaire, pour ne citer que cette province ? Combien d’écoles de couture existent dans le pays ? Avant cette décision prise en conseil des ministres, aviez-vous seulement valorisé le travail des tailleurs gabonais et communiqué leurs adresses pour orienter l’opinion ? »

Sans stratégie nationale, l’écrivain redoute un impact stérile : « Non, Madame la Ministre, même si l’idée est louable du point de vue de culturelle, reconnaissez que vous avez échoué dans sa mise en œuvre politique. Ce marché est désormais ouvert aux étrangers et ils ne voudront pas le perdre et vous ne ferez rien pour le leur ravir », regrette-t-il, avant de trancher : « Il existe des stratégies, des leviers d’action politique et des méthodes de manipulation d’opinion, qui préparent un peuple à son développement. Je m’arrête là. »

Alors que les fonctionnaires jouent le jeu chaque vendredi, le ministère du Commerce se retrouve dos au mur. Il doit désormais prouver que ces milliers d’emplois ne sont pas une promesse sans lendemain, brodée sur du tissu importé.

Vigny Ngami-Tsiba

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