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 Commande Publique : Bassirou Diomaye Faye s’attaque au « tabou » du Secret-Défense

 Commande Publique : Bassirou Diomaye Faye s'attaque au « tabou » du Secret-Défense

DAKAR — Par le décret n°2026-807 signé fin avril, le Président de la République a franchi une étape historique dans la moralisation de la vie publique. En créant une commission dédiée au contrôle des marchés classés « Secret-Défense », l’exécutif sénégalais siffle la fin de la récréation dans un secteur longtemps resté une zone d’ombre budgétaire.

Pendant des décennies, le sceau « Secret-Défense » a été, selon les termes du rapport de présentation du décret, un véritable « paravent ». Une notion élastique utilisée pour contourner les procédures d’appel d’offres, favoriser le gré à gré et soustraire des contrats colossaux à tout regard de régulation. Cette ère d’opacité semble désormais révolue.

La CCMP-CPP/SD : Une nouvelle tour de contrôle

La naissance de la Commission de contrôle des marchés publics et des projets de partenariat public-privé classés secret-défense (CCMP-CPP/SD) marque l’institutionnalisation de la transparence. Rattachée directement à la Présidence, cette instance aura une mission cruciale : auditer l’éligibilité de chaque projet avant qu’il ne bénéficie du régime dérogatoire de confidentialité.

L’objectif est clair : s’assurer qu’un marché est classé secret pour des impératifs de sécurité nationale, et non pour masquer des « magouilles » ou des surfacturations.

La fin du pouvoir discrétionnaire absolu

En marge de la troisième édition de la Formation internationale sur la gestion des contrats de travaux (FIDIC) ce lundi à Dakar, Lamine Samb, directeur à l’ARCOP (Autorité de régulation de la commande publique), a salué cette « avancée majeure ».

« On ne va plus classer les marchés par un pouvoir discrétionnaire absolu. Il y aura un contrôle en amont », a martelé M. Samb.

Pour ce haut responsable, les marchés secret-défense constituaient jusqu’ici le « maillon faible » de l’intégrité du système. L’audace des nouvelles autorités consiste à associer désormais la Direction du contrôle des marchés publics (DCMP) et l’ARCOP à la surveillance de ces contrats stratégiques.

Le règne du « Jubb, Jubbal, Jubanti »

Cette réforme s’inscrit directement dans le sillage de la doctrine « Jubb, Jubbal, Jubanti » (Intégrité, Droiture, Redressement), prônée par le nouveau régime. En soumettant les contrats sensibles à une « assurance qualité » du régulateur, l’État espère restaurer la confiance des citoyens et des partenaires au développement.

Il s’agit d’un signal fort envoyé aux acteurs économiques : la confidentialité ne sera plus synonyme d’impunité. Dans un contexte de rareté des ressources, chaque franc public, même celui investi dans la défense ou la sécurité, devra désormais justifier de sa pertinence et de sa régularité.

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