Gabon : l’ex-porte-parole de la HAC réclame une régulation stricte des réseaux sociaux
Gabon : l’ex-porte-parole de la HAC réclame une régulation stricte des réseaux sociaux

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Ancien porte-parole de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Jean François Mouwaka Ngonga sort du silence pour pointer du doigt les ravages causés par l’usage incontrôlé des plateformes numériques au Gabon. Fort de sept années passées au cœur de la régulation, l’actuel Haut Représentant personnel du chef de l’État appelle à une refonte urgente du cadre législatif pour protéger les citoyens contre la désinformation et la haine en ligne.
Le constat dressé par l’ancien Conseiller membre de la HAC est sans appel et s’appuie sur une expérience de terrain marquée par de nombreux témoignages de détresse. « J’ai vu des pères et mères de familles souffrir intérieurement, des carrières détruites et des réputations remises en cause par la seule faute des personnes mal intentionnées », confie Jean François Mouwaka Ngonga. Selon lui, le pays ne peut plus se permettre de bâtir sa démocratie sur une vision dévoyée de la liberté d’opinion qui laisserait le champ libre à la calomnie et à la diffamation. Si les réseaux sociaux constituent un levier indispensable pour la digitalisation et la bonne gouvernance prônées par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, ils représentent parallèlement une menace sérieuse pour le vivre-ensemble national.
Pour le Haut Représentant, l’enjeu n’est pas de museler les libertés fondamentales garanties par la Constitution, mais de mettre en place des garde-fous nécessaires face à la prolifération de discours visant l’humiliation d’autrui. Il souligne que le Gabon doit se construire dans l’unité, loin des velléités de destruction mutuelle qui polluent l’espace numérique. Cette prise de position intervient alors que la HAC a récemment publié un communiqué alertant sur les risques liés aux dérives numériques, invitant les acteurs clés tels que l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) et la justice à une concertation rigoureuse sous l’égide du gouvernement.
L’un des obstacles majeurs identifiés réside dans l’obsolescence des textes actuels qui limitent l’action du régulateur. « Le code de la communication, texte de base de la HAC, connaît aujourd’hui de nombreuses insuffisances et incohérences qui méritent d’être corrigées », explique-t-il, afin de permettre à l’institution de se prononcer avec une pleine souveraineté sur les contenus digitaux, au même titre que sur les médias classiques. Cette réforme structurelle apparaît désormais comme la condition sine qua non pour assainir durablement le paysage médiatique gabonais. La balle est désormais dans le camp du législateur pour transformer ces recommandations en actes concrets.
Vigny Ngami-Tsiba



