
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le porte-parole de la Présidence, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, a dressé le 12 février 2026 un bilan de la crise scolaire. Il a salué un retour à l’apaisement fondé sur la concertation plutôt que sur la contrainte.
L’émissaire de la Présidence a d’emblée souligné que la crise débutée en décembre dernier a révélé une nouvelle maturité dans les rapports entre l’État et les partenaires sociaux. Selon lui, cette période a prouvé que « lorsque les Gabonais se parlent, lorsque les Gabonais se parlent franchement, il n’est aucune difficulté ou incompréhension qui ne soit insurmontable ».
Le chef de l’État a tenu à remercier l’ensemble du système éducatif. Le porte-parole a précisé qu’il « salue avec un respect sincère et profond les soldats du savoir, c’est-à-dire nos enseignants, qui ont regagné les salles de classe avec un sens élevé du devoir et de la responsabilité ». Il a d’ailleurs noté qu’il s’agissait de « la seule ou de l’une des seules grèves de ces vingt dernières années où les enseignants, y compris en dehors du cadre syndical, ont pu exprimer leurs revendications sans aucune brutalisation, sans suspension de solde et sans menace de radiation ».
Pour remédier aux dysfonctionnements administratifs, un plan de régularisation de 12 000 situations est enclenché pour 2026. Le porte-parole a annoncé que « 4 000 dès cette première phase » seront réservées exclusivement au secteur de l’éducation. Cette dynamique devra néanmoins composer avec les réalités économiques, car elle sera maintenue « dans le respect des contraintes budgétaires et des équilibres budgétaires à préserver, mais aussi dans le respect des engagements internationaux de notre pays ».
En rappelant la construction de 500 classes et le rétablissement des bourses, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe a présenté ces mesures comme la « première étape d’un programme qui se veut beaucoup plus large ». L’exécutif fait ainsi le pari de la fin des injustices sociales pour garantir une paix scolaire durable.
Cette satisfaction affichée par la Présidence quant au retour des enseignants dans les salles de classe mérite toutefois d’être sérieusement nuancée. Si un certain essoufflement du mouvement est perceptible dans la capitale, la détermination des grévistes demeure entière dans plusieurs provinces, à l’instar de l’Ogooué-Maritime.
Même au sein des établissements ayant rouvert à Libreville, la reprise s’apparente souvent à un service minimum qui ne dit pas son nom, marqué par des volumes horaires de cours nettement revus à la baisse. Le collectif SOS Éducation, fer de lance de la contestation, prévoit d’ailleurs de tenir des assemblées générales ce 14 février afin de décider de la suite à donner au mouvement.
Vigny Ngami-Tsiba



