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Affaire Bilie-By-Nze : l’opposition dénonce un « lawfare » et exige une libération immédiate

Affaire Bilie-By-Nze : l’opposition dénonce un « lawfare » et exige une libération immédiate

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) Réunie le 25 avril 2026, la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et ses alliés ont vigoureusement fustigé l’incarcération de l’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie-By-Nze, y voyant une manœuvre politique sous couvert de procédure judiciaire.

Par la voix de Vincent Moulengui Boukosso, président de la CNR, l’opposition a pris position de manière solennelle suite à l’arrestation d’Alain Claude Bilie-By-Nze. Pour ces formations politiques, l’interpellation du président d’Ensemble pour le Gabon, survenue le 15 avril dernier, ne relève pas du droit commun mais d’une volonté manifeste de « museler l’opposition en envoyant un signal de terreur ».

Un dossier judiciaire jugé « vide »

Au cœur de cette affaire, une plainte pour escroquerie et abus de confiance déposée par dame Baba Ramatou Amadou, remontant à des faits de 2008 liés à la Fête des cultures. La CNR a tenu à ldéconstruire point par point les fondements juridiques de cette accusation. Selon la déclaration lue samedi, les fonds en question étaient des « contributions militantes » pour pallier le retard des financements publics. « Il n’y a aucun élément de droit qui permette d’établir une quelconque manœuvre frauduleuse », martèle la coalition, précisant que l’accusé de réception signé à l’époque ne saurait constituer une reconnaissance de dette formelle.

Plus grave encore selon l’opposition, le non-respect des procédures et les délais de prescription. Vincent Moulengui Boukosso a rappelé que « tous les délais de prescription tant du Code pénal gabonais que de l’OHADA sont largement dépassés ». La coalition s’étonne qu’une affaire vieille de 18 ans, n’ayant fait l’objet d’aucune convocation préalable, débouche aujourd’hui sur un déploiement de force.

Entre « kidnapping » et instrumentalisation

La méthode d’arrestation est particulièrement pointée du doigt. La coalition décrit une scène où l’ancien Premier ministre a été « victime d’un enlèvement orchestré par des éléments encagoulés » devant son domicile, sans présentation de mandat. Cette situation a fait réagir au-delà des cercles politiques, notamment au sein de la magistrature.

La déclaration de la CNR s’appuie d’ailleurs sur les réserves émises par les syndicats de la justice. Elle cite notamment le président du Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG), pour qui « l’incarcération d’Alain Claude Bilie-By-Nze ne sert ni notre démocratie, ni la crédibilité et l’indépendance de notre justice ». Pour l’opposition, le constat est sans appel : il s’agit d’un « lawfare », une instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins de règlement de comptes politiques.

Une diversion face aux urgences sociales

Au-delà du cas individuel de Bilie-By-Nze, la CNR et ses alliés (dont le PGP, le CDJ ou encore Réagir) voient dans cet épisode une « énième manœuvre de diversion ». Selon eux, le pouvoir cherche à détourner le regard des Gabonais des maux quotidiens tels que la vie chère, les pénuries d’eau et d’électricité, ou encore le projet controversé du nouveau code de la nationalité.

« Le peuple gabonais attend toujours la restauration des institutions promises et celle de sa dignité continuellement bafouée », a déclaré Vincent Moulengui Boukosso. La coalition a conclu son allocution en exigeant la « libération immédiate et sans condition » de l’ancien Premier ministre, exhortant les autorités à « réparer leur faute ».

Cette sortie médiatique marque une nouvelle étape dans la tension qui couve entre le pouvoir en place et une opposition qui semble déterminée à faire bloc contre ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire.

Vigny Ngami-Tsiba

Africaleadnews

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