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Gabon : l’État subventionne le relogement des déguerpis de Plaine Orety sur le site de Bikélé

Gabon : l'État subventionne le relogement des déguerpis de Plaine Orety sur le site de Bikélé

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Dans une démarche de solidarité nationale visant à stabiliser les familles déplacées par les restructurations urbaines de Libreville, la Société Nationale Immobilière (SNI) a dévoilé les conditions préférentielles d’accès à la propriété sur le nouveau site de Bikélé.

Le drame social de Plaine Orety, où des centaines de Gabonais avaient perdu leurs habitations en juin 2025 lors d’une vaste opération de libération des emprises publiques, trouve progressivement une issue structurelle. Ce 12 février 2026, la Société Nationale Immobilière (SNI) a tenu à lever les équivoques entourant le coût des villas de recasement. Alors que le prix de revient réel d’une unité est évalué à 30 millions de FCFA, l’État gabonais a décidé d’absorber 50 % de la facture pour faciliter l’intégration des sinistrés.

Cette politique de la « main tendue » se traduit par un mécanisme de location-accession particulièrement accessible, calqué sur les réalités économiques locales. Les villas de deux chambres sont ainsi cédées à 10 millions de FCFA, tandis que les modèles de trois chambres s’élèvent à 15 millions de FCFA. Pour rendre ces montants supportables par les bourses les plus modestes, un étalement de la dette est prévu sur une durée allant de 16 à 25 ans.

« La mensualité sociale est fixée à 50 000 FCFA », précise la direction de la SNI, soulignant que ce montant a fait l’objet d’un consensus avec les représentants des populations lors de concertations avec les autorités de la transition. Ce modèle gabonais de gestion des déguerpissements, par le biais d’une subvention directe à l’acquisition, cherche à transformer une crise humanitaire en une opportunité de propriété foncière sécurisée pour des citoyens qui vivaient auparavant dans l’informel.

Toutefois, la sécurisation du site ne passe pas uniquement par les finances. La SNI pointe du doigt des risques sécuritaires liés à des installations électriques anarchiques et « invite les occupants à régulariser leur situation auprès des services compétents », rappelant au passage que la pose des compteurs individuels incombe aux résidents. Pour l’heure, l’urgence est administrative : les bénéficiaires sont vivement encouragés à signer leurs contrats pour obtenir leurs titres de propriété.

En consolidant ce projet, le Gabon tente de clore un chapitre douloureux de son aménagement urbain. L’enjeu est désormais de transformer le site de Bikélé en un pôle de vie durable, « afin d’offrir aux familles impactées un cadre de vie digne, transparent et pérenne », conclut l’organisme public.

Vigny Ngami-Tsiba

Africaleadnews

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