Gabon : menace de suspension des médias après les accusations de torture de l’épouse d’Ali Bongo
Gabon : menace de suspension des médias après les accusations de torture de l'épouse d'Ali Bongo

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le climat entre les autorités gabonaises et certains médias internationaux s’est nettement alourdi le 8 mars 2026. Suite à la diffusion d’une interview de Sylvia Bongo sur France 24, dans laquelle elle affirme avoir été victime de tortures aux côtés de son fils Noureddin, le ministre de la Communication, Germain Biahodjow, est monté au créneau. Le membre du gouvernement a formellement démenti ces déclarations, les qualifiant de manœuvre visant à déstabiliser le pouvoir en place.
« Le Gouvernement de la République récuse fermement ces allégations diffamatoires », a martelé le ministre lors de son intervention. Selon les autorités, le séjour carcéral de la famille Bongo s’est déroulé dans des conditions strictes mais respectueuses. Le ministre a tenu à préciser que « durant leur détention, l’ancienne Première Dame, son fils Noureddin Bongo Valentin tout comme leurs co-accusés ont bénéficié d’un traitement conforme aux règles de droit », ajoutant que celui-ci s’est fait dans le « respect de la dignité humaine » pour couper court aux rumeurs de maltraitance.
Au-delà du démenti, Libreville pointe du doigt la responsabilité des diffuseurs étrangers. Le gouvernement déplore que des récits qu’il juge « déformés » soient « amplifiés par certains médias occidentaux ». Ces derniers, selon le porte-parole, « servent de relais à des campagnes de désinformation » sans procéder à une vérification suffisante. Cette situation pourrait entraîner des conséquences diplomatiques et médiatiques majeures, le pouvoir menaçant désormais de suspendre le droit de diffusion des médias concernés sur le territoire national.
Pour le gouvernement, ces accusations occultent la nature pacifique du changement de régime intervenu en août 2023. Le ministre a conclu en rappelant que le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait lui-même « posé un geste d’apaisement et d’humanité en permettant à l’ancien Président Ali Bongo Ondimba de recouvrer sa liberté ». Ce fait constitue, selon lui, une preuve irréfutable de la magnanimité des autorités face à l’ancien régime.
Vigny Ngami-Tsiba



