
Africaleadnews – (Sénégal) C’est avec attention et beaucoup d’intérêt que nous avons suivi religieusement les explications fournies par l’honorable député Amadou Ba du parti Pastef sur la proposition de loi interprétative relative à la loi numéro 2024-09 du 13 Mars 2024 portant amnistie.
Cette loi vise à rendre justice aux victimes des évènements troublants que notre cher pays a traversé entre 2021 et 2024.
Cette interprétation œuvre pour l’ouverture d’enquêtes sur les crimes de sang, les tortures, traitement inhumains conformément aux conventions internationales signées par le Sénégal. S’y ajoutent les faits dégradants et actes de barbarie orchestrés par des Nervis sur des manifestants ainsi que les commanditaires de ces actes.
Nous sommes entièrement d’accord sur tous ces points soulevés parce qu’ils visent à rendre Justice. Ce que nous avons toujours demandé.
Par contre, chaque mot a une signification juridiquement parlant.
L’on se demandait d’ailleurs, qu’est-ce qui sera considéré comme acte de torture ? acte inhumain ?fait dégradant ?
A quel niveau d’agressivité un acte peut-il être qualifié juridiquement par votre loi interprétative, d’acte de torture ?
Qui est considéré comme Nervi?
Y’avait-t-il pas des nervis encagoulés parmi les manifestants?
Certains se sont-ils limités à simplement manifester?
Ceux qui ont brulé un amphithéâtre, brulé des voitures au sein même de l’université Cheikh Anta Diop, saccagé et brulé des bureaux, seront-ils considérés comme de simples manifestants? des Nervis? ou des bandits?
Leur acte relève-t-il d’une simple action de manifester?
Seront-ils poursuivis ?
Ceux qui ont attaqué, saccagé nos institutions comme la gendarmerie ou encore la police sont-ils de simples manifestants? Seront-ils punis?
Un acte de brutalité exercé par un Nervi sur un manifestant est-il pour vous plus grave que l’action de brûler un amphithéâtre ou de saccager une université ? Deux poids deux mesures.
L’action de << torturer >> un manifestant par un FDS est-elle considérée comme plus grave que celle d’incendier une gendarmerie? Deux poids deux mesures
Pourquoi vouloir sélectionner les actes à punir et d’autres beaucoup plus graves qu’on devrait pouvoir comprendre et tolérer ?
En temps de guerre, on ne tire pas sur une ambulance!
Nos interrogations sont légitimes et méritent beaucoup d’attention.
Nous sommes pour que justice soit rendue aux morts; aux victimes de tortures; nous sommes pour une punition de tous les Nervis et les commanditaires de leurs actes.
Mais aussi, nous sommes pour que justice se fasse sur beaucoup d’autres faits dégradants qui ont touché la sensibilité de plus d’un?
Entre Manifester et poser un acte de banditisme, la différence est claire.
Pour rappel et nous le savons tous, la gendarmerie de Nguékokh a été envahie et incendiée tandis que les forces de l’ordre prenaient la fuite. Les auteurs de cet acte seront amnistiés et le gendarme qui a torturé un manifestant sera poursuivi et puni.
Si ce n’est pas une loi injuste, sélective et discriminatoire dites-nous ce que c’est alors.
Ça pourrait peut-être être une façon de montrer à la jeunesse sénégalaise comment désacraliser les valeurs républicaines.
La sélection est claire et évidente.
Les FDS seront ainsi fragilisés hélas!
Les opposants au régime Pastef seront poursuivis!
C’est la loi des vainqueurs, la loi de moins de 10% des sénégalais et non pas celle des 54% qui ont voté pour eux encore moins des sénégalais dans leur globalité.
Tout porte à croire qu’il y’a une volonté manifeste de protéger une bonne partie des fautifs.
Le Pastef, à travers son dernier communiqué dénonce les injures publiques proférées à l’encontre d’une institution et à coté, ce même Pastef, à travers cette loi rend légitime une action d’incendier une autre institution. N’est-ce pas une contradiction?
Les faits sont là, le communiqué est là, la loi interprétative est là, nous n’inventons rien du tout.
Et le plus alarmant aujourd’hui, tous les sénégalais devraient s’étonner du silence incompréhensible du premier ministre Ousmane Sonko à ce sujet. Lui qui nous avait habitué de ses sorties pour éclairer la lanterne des sénégalais et de remettre les pendules à l’heure. Aujourd’hui il reste silencieux. L’on se demande pourquoi ?
Pourtant, pour des caprices de quelques membres de son parti sur une nomination de Samba Ndiaye ou de Hawa Bocar Ly Tall, il a bien pris le temps d’apporter des explications et clarifier, selon lui, certains points.
Aujourd’hui avec toutes ces vagues de contestations sur une chose beaucoup plus importante, sa version est plus qu’attendue.
Nous voulons demander au président de la république de tous les sénégalais, son excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye de ne pas emprunter le chemin du tyran Macky Sall.
Faut pas forcer!
Privilégiez le dialogue, la discussion.
Votre élection à la tête de ce pays a suscité beaucoup d’intérêt et d’espoir.
Vous n’avez pas le droit d’échouer et nous aussi nous n’avons pas le droit de vous regarder échouer.
Nous devons vous accompagner, mais dans la vérité et la justice.
Et aujourd’hui la vérité est que votre proposition de loi est sélective et à la fois discriminatoire.
En bon républicain, défenseur des valeurs républicaines, vous ne devez pas vous verser dans l’impunité de certains actes inhumains et antirépublicains.
Le « parti avant la patric » de Macky Sall a été très décrié par les sénégalais que nous sommes et par vous-mêmes et votre parti, n’emboitez pas alors le pas à Macky!
Portez une oreille attentive sur les inquiétudes des uns et des autres.
Il est important de souligner que ce Sénégal dans lequel nous vivons, n’appartient pas aux politiques.
Sur 360 jours, nous passons les 300 à faire de la politique et 60jours pour travailler. Nous en avons marre.
Travaillez et épargnez les sénégalais de vos querelles politiques.
Plus de 500 jeunes périssent en mer chaque année, pendant que d’autres prennent le désert à la recherche d’un avenir meilleur, nos hôpitaux sont plus malades que les patients, la vie est encore plus difficile aujourd’hui, les sénégalais souffrent.
Ayez s’il-vous-plaît pitié de votre jeunesse qui tente désespérément de trouver du travail, ayez pitié de votre peuple? Les sénégalais sont fatigués des guéguerres politiques.
Devant chaque intérêt du pays, à chacun son intérêt politique caché et souvent priorisé.
Quand est-ce qu’on parlera tous Sénégalais ?
Quand est-ce qu’on regardera tous dans la même direction afin de sortir notre cher pays de ce trou sombre dans lequel il se trouve?
Vous ne mesurez toujours pas les attentes.
L’heure est au travail.
L’heure est à la solidarité.
Faisons taire nos égos et nos différences.
Faisons taire nos intérêts partisans, nos ambitions de reconquérir le pouvoir ou celles de rester au pouvoir.
Mettons l’intérêt du Sénégal au-dessus de tout et aidons le citoyen sénégalais à mieux vivre.
En tant que sentinelle de la démocratie, fervent défenseur des valeurs républicaines, combattant de toutes les formes d’injustices, nous demandons que cette loi interprétative soit réétudiée et rééquilibrée.



