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Sénégal – Pr Fatou Samba Diogo Ndiaye, la femme qui a réussi la première greffe de moelle osseuse

Sénégal - Pr Fatou Samba Diogo Ndiaye, la femme qui a réussi la première greffe de moelle osseuse

Africaleadnews – (Sénégal) Le 19 février dernier, le Sénégal a réussi une greffe de moelle osseuse. Fatou Samba Diogo Ndiaye, cheffe de service d’hématologie clinique à Dalal Diam, signe cette prouesse.  L’Observateur est allé à sa rencontre.
 
1. «Les patients m’attendent»?
Pour parler à la spécialiste, il faut faire preuve de pragmatisme. Pour elle, chaque minute est cruciale. « Les patients m’attendent. Il faut que je fasse ma ronde », lance-t-elle à l’équipe de L’Observateur dépêchée à Dalal Diam. Fatou Samba est née à Saint-Louis, première capitale du Sénégal. Cadette d’une fratrie de cinq enfants, elle grandit avec des parents profondément engagés dans l’éducation : son père est directeur d’école primaire et sa mère institutrice. Ces deux figures transmettent à leur fille les valeurs de l’éducation et des préceptes islamiques, contribuant ainsi à façonner son caractère. Bien qu’elle soit parfois un peu distraite, elle s’illustre comme une élève brillante, fascinée par les études, selon son entourage.
 
2. «Soulager le mal dont souffre son maître»?
Au lycée John Fitzgerald Kennedy, elle se distingue en obtenant son baccalauréat en 1990. C’est dans cet établissement réservé aux jeunes filles qu’elle découvre sa passion pour l’hématologie clinique, une discipline complexe qui la captive profondément. Cette vocation naît lorsqu’un de ses professeurs, souffrant de drépanocytose, traverse des crises douloureuses et mal comprises. 
 
La lycéenne, touchée par cette souffrance, décide alors de se consacrer à la recherche pour mieux comprendre cette maladie. « Mon souci à l’époque était de savoir comment soulager ce professeur qui souffrait de douleurs atroces sans que l’on comprenne réellement les causes. Cela m’a orientée vers le sang, et c’est ainsi que j’ai commencé à explorer les pathologies sanguines », révèle l’interlocutrice du quotidien du Groupe futurs médias.
 
3. Elle se lance un défi de taille dès sa 5e année de Médecine
La voie est tracée puisque cette curiosité la mène directement à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Son ambition est de devenir professeure agrégée en hématologie clinique. Faisant preuve d’audace, l’étudiante se lance dans le concours d’internat des hôpitaux de Dakar dès sa cinquième année. Elle réussit avec brio en 1996. Elle explique à nos confrères que « ce concours devait lui permettre non seulement de gagner du temps, mais aussi d’accélérer sa carrière ».
 
4. L’obstacle du diplôme français?
Elle fait également preuve de détermination à un moment où la spécialisation en hématologie clinique n’existe pas encore au Sénégal. Elle part pour la France, de 2003 à 2006, où elle obtient son diplôme avec éclat. Mais, de retour au Sénégal, rembobine-t-elle, « un de ses maîtres lui fait savoir que [ses] diplômes français ne lui permettaient pas de passer le concours d’agrégation de Médecine au Sénégal ». 
 
Loin de se décourager, elle s’envole vers la Côte d’Ivoire en 2006, où elle décroche brillamment son diplôme. Deux ans plus tard, Fatou Samba devient maître-assistant en hématologie clinique. En 2010, elle est la première professeure agrégée en hématologie clinique au CAMES avant d’atteindre le sommet en tant que première professeure sénégalaise titulaire des universités du CAMES. « C’est le dernier rempart pour un enseignant-chercheur », savoure-t-elle.
 
5. «Un projet écrit dès 2015»
L’Observateur rapporte qu’elle prépare l’intervention depuis 2015, après son affectation et sa nomination en tant que cheffe de service à Dalal Diam. «Tout commence avec un patient diagnostiqué d’un cancer du sang», souffle L’Obs. Selon le diagnostic, ce dernier, «après avoir suivi un traitement de chimiothérapie, qui l’a mené en rémission, avait besoin d’une autogreffe pour intensifier la chimiothérapie et détruire définitivement les cellules cancéreuses». «Il a fallu récupérer les cellules souches dans le sang du patient après une mobilisation. Ce greffon, une fois analysé et préparé, a été greffé avec succès», détaille Fatou Samba.
 
Professeure Seynabou Fall, qui chemine avec elle depuis 2003, «ne connaît pas de chercheuse plus exceptionnelle» que Fatou Samba. «Son regard sur la science est inspiré. Elle est dévouée à sa mission, et son impact dépasse les frontières de l’hématologie», témoigne sa collègue et amie.

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