Climat : le Comité régional de développement Kaffrine sensibilisé sur la contribution déterminée au niveau national (CDN) et les financements climatiques.
Climat : le Comité régional de développement Kaffrine sensibilisé sur la contribution déterminée au niveau national (CDN) et les financements climatiques.

Africaleadnews – (Senegal)
Le CRD de Kaffrine a accueilli ce lundi, 10 février 2025, au building administratif de la ville, une mission de la Direction du Changement Climatique, de la Transition Ecologique et des Financements Verts (DCCTEFV) et du cabinet AWEIC FARMING. L’objectif de cette rencontre était de partager la contribution Déterminée au niveau national (CDN) et les opportunités de mobilisation des financements climat.
Le CRD est organisé dans le cadre des activités du Portefeuille thématique Climat Sahel (PTCS)-volet Sénégal, financé par le Royaume de Belgique et piloté par l’agence Belge de développement (Ebabel) avec l’appui technique du cabinet AWEIC FARMING.
La rencontre a réuni des autorités administratives locales (le gouverneur, les préfets et sous-préfets), des représentants des collectivités territoriales, des représentants des forces de défense et de sécurité et différents chefs de service, qui ont eu droit à plusieurs présentations. L’équipe d’experts a mis l’accent sur le mécanisme du réchauffement et ses impacts, les mesures de riposte, la contribution déterminée au niveau national (CDN) dans ces différentes phases d’évolution allant de l’étape d’élaboration, à la validation et de la soumission à la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements Climatiques (UNFCCC), les questions de l’atténuation et de l’adaptation et enfin, sur la problématique de la finance climatique.
« Au regard des questions soulevées par les participants, on peut noter des différences de niveau de connaissance sur la problématique du changement climatique et de sa prise en charge à l’échelle locale. A quelques moments de l’évaluation de la CDN, ces échanges nous ont permis de relever quelques biais liés à la communication, à la gestion des connaissances et des données, mais également de recueillir des besoins spécifiques relatifs à la mobilisation financements climatiques. Tout cela démontre la pertinence de ces rencontres de vulgarisation de la CDN dans les régions ainsi que de la formation des acteurs afin de leur doter de capacités pour une meilleure participation à la mise en œuvre de l’action climatique », a déclaré, Lamine Diatta qui a conduit l’équipe d’experts et de consultants.
« L’agriculture et l’élevage constituent les deux mamelles de l’économie de la région de Kaffrine. Deux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre mais également très vulnérables aux effets du changement climatique », selon L’expert du cabinet AWEIC FARMING.
Pour le consultant, les mesures d’adaptation prioritaires spécifiques à la région telles que la récupération des terres salées, la promotion de systèmes de production intégrée agriculture-élevage-agroforesterie, la gestion durable des terres, ou la gestion durable et conservation des ressources pastorales, ont besoin d’être déployées à travers une mobilisation efficace des financements climatiques.
Le directeur de l’Agence régional de développement, Samba Faye Diop a indiqué qu « il est nécessaire d’avoir des indicateurs pour l’adaptation et de les désagréger au niveau des régions pour ainsi permettre d’évaluer leur contribution aux différents objectifs de la CDN ».
« Cela permet aussi aux collectivités d’élaborer des projets climat bancables. La disponibilité des données pour la justification climatique des projets d’adaptation pose problème ainsi que la disponibilité des ressources humaines pour prendre en compte la transversalité du changement climatique au niveau local », a ajouté Samba Faye Diop.
« Montrez- nous la voie à suivre pour élaborer des projets et bénéficier des fenêtres de financements sur le climat. Dans le cadre du fonds vert climat, nous avons proposé un projet à l’échèle départemental qui n’a pas été sélectionné par le Centre de Suivi écologique (entité accréditée) faute d’avoir des données scientifiques sur le climat et sur la vulnérabilité de la région », a lancé Bathie Niang, Secrétaire général du Conseil départemental de Kaffrine.
Selon Lamine Diatta, « il est encore difficile d’avoir des indicateurs pour l’adaptation au niveau international. Mais le Sénégal a travaillé sur des indicateurs macro qui peuvent être adaptés aux zones agroécologiques pour mieux prendre en charge les spécialités locales. Les indicateurs identifiés pour l’adaptation au niveau local sont ceux dits de processus et de résultats ».
Concernant les financements climat, le Sénégal a pu bénéficier de plus d’une dizaine de projets (15 au total depuis 2010). Ce qui veut dire que « ces fenêtres de financements peuvent profiter aux collectivités territoriales. Autres opportunités à saisir, c’est l’existence de fonds Readiness qui peuvent permettre aux collectivités de faire des études complémentaires dans les processus d’élaboration de projets climat », a expliqué Rokhaya SALL de la DCCTEFV
Ousseynou Ndione, expert à la DCCTEFV a invité les élus « à mettre la main à la poche pour financer les études de projets et de se mettre ensemble pour formuler des projets d’envergure en allant vers l’intercommunalité pour espérer capter des financements climat minimum estimés à sept (7) milliards de francs CFA pour le fonds vert climat ».
Le « guichet intercommunalité » logé au ministère des collectivités territoriales pourrait aider les collectivités territoriales à faire des études pour la formulation de projets climat, a informé, Samba Faye Diop, directeur de l’agence régionale de développement.
« Il faut travailler dans le sens de l’alignement de la contribution déterminée au niveau national (CDN) sur le nouveau référentiel des politiques publiques Sénégal horizon 2050 qui fonde notre action au niveau local », a conclu Lala Camara, adjointe du gouverneur de Kaffrine. Elle a présidé le comité régional de développement.
IFJ



