Gabon : Statu quo judiciaire pour Bilie-By-Nze et rejet du recours sur la nationalité, le parti EPG dénonce une double dérive institutionnelle
Gabon : Statu quo judiciaire pour Bilie-By-Nze et rejet du recours sur la nationalité, le parti EPG dénonce une double dérive institutionnelle

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Dans un communiqué officiel rendu public le 24 juin 2026 à Libreville et lu par son secrétaire général, Aimé Mapangou, le parti politique Ensemble pour le Gabon (EPG) conteste vigoureusement le maintien en détention de son président, Alain-Claude Bilie-By-Nze. La formation d’opposition fustige une procédure judiciaire qu’elle juge illégale, dénonçant une manœuvre du pouvoir en place visant à écarter un adversaire majeur de l’espace public.
La direction du parti monte au créneau alors que l’ancien Premier ministre totalise 71 jours de détention provisoire à la prison centrale de Libreville. Arrêté le 15 avril dernier, Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a toujours pas été entendu sur le fond par le juge d’instruction, une situation qualifiée de « sanction anticipée » par ses partisans.
Une détention jugée politique
La défense invoque par ailleurs une prescription des faits, affirmant que les accusations portées contre lui remontent à plus de 18 ans. « Le véritable but recherché est d’écarter Alain-Claude Bilie-By-Nze durablement de la vie politique nationale et de le rendre inéligible aux prochaines échéances électorales », a martelé Aimé Mapangou lors de sa lecture.
La formation politique s’inquiète également des rumeurs de tensions au sein du milieu carcéral. « Lorsqu’un citoyen est placé en détention, l’État devient entièrement responsable de sa sécurité, de son intégrité physique et de sa dignité », a-t-il rappelé avec gravité.
Face à ce qu’il qualifie de dérive, le parti a confirmé avoir saisi plusieurs instances à l’étranger. « Les Nations Unies ont été saisies par les conseils de M. Alain-Claude Bilie-By-Nze, ainsi que d’autres mécanismes internationaux de protection des droits humains », a précisé le Secrétaire général.
Le front du Code de la nationalité
Parallèlement à cette affaire judiciaire, le communiqué aborde un tout autre sujet de discorde : le récent rejet par la Cour constitutionnelle du recours introduit par le parti contre le nouveau Code de la nationalité. Les juges constitutionnels ont déclaré la requête irrecevable au motif que le vice-président d’EPG ne disposait pas d’un mandat express de son président incarcéré pour agir. L’institution s’est prononcée « sans examiner le fond des questions que nous avons soulevées », regrette Aimé Mapangou.
Pour le parti d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ce blocage technique ne saurait clore la discussion. « Aucune décision d’irrecevabilité ne saurait éteindre un débat qui concerne l’avenir de la nation, les droits des citoyens et l’équilibre même de notre démocratie », prévient le communiqué, qui officialise par la même occasion la légalisation de la représentation d’EPG au sein de la diaspora.
En liant ses combats à la défense des libertés publiques, Ensemble pour le Gabon entend maintenir la pression sur le pouvoir. Le parti invite les autorités à faire prévaloir le droit dans l’intérêt supérieur du pays, tout en constatant que la mobilisation autour de ses revendications dépasse désormais les frontières nationales.
Vigny Ngami-Tsiba



