Lutte contre les changements climatiques : Kaffrine, la région soudano-sahélienne à la recherche de financement climat
Lutte contre les changements climatiques : Kaffrine, la région soudano-sahélienne à la recherche de financement climat

Africaleadnews – (Sénégal) Dans le cadre des missions de sensibilisation et de formation sur la contribution déterminée au niveau national (CDN) et sur les financements climatiques organisées par le Ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique, le Comité régional sur les changements climatiques (COMRECC) de Kaffrine s’est positionné comme laboratoire de formulation de projets éligibles aux mécanismes de financements climatiques pour le compte de la région.
L’instance régionale s’est finement engagée conformément à ses missions (de facilitation dans la conception et la mise en œuvre des programmes et projets relatifs aux domaines prioritaires). C’est à l’occasion des ateliers, tenus le 24 et 25 mars 2025, dans les locaux de la sphère administrative qui regroupe la gouvernance et l’ensemble des services gouvernementaux de la ville de Kaffrine. Et, qui s’inscrivent dans le cadre des activités du Portefeuille thématique Climat Sahel (PTCS)-volet Sénégal, financé par le Royaume de Belgique et piloté par l’agence Belge de développement (Enabel) avec l’appui technique du cabinet AWEIC FARMING.
« Le double objectif de redynamisation de l’institution qu’est le COMRECC, et de remise à niveau de ses membres pour une meilleure prise en charge des enjeux liés au climat et ses effets adverses dans la région, a motivé la formation », a déclaré, Lamine Diatta, lead expert de ces missions. Les modules livrés ont concerné les processus du changement climatique, les réponses apportées face au phénomène en termes d’adaptation et d’atténuation et « les bases de la finance climatique, avec une session pratique sur la justification climatique des projets ».
Les formateurs, composés d’experts de la Direction du Changement Climatique, de la Transition écologique et des Financements verts (DCCTEFV) et de l’équipe de consultants, ont décliné le profil de la région située dans une zone charnière entre le domaine sahélien et soudanien. L’agriculture, l’élevage et l’exploitation forestière sont les principales activités économiques dans les quatre départements que compte la région.
« Ces secteurs vulnérables au changement climatique pourraient bien justifier la formulation d’un projet similaire à celui de PARETS ( Accroître la résilience des écosystèmes et des communautés à travers la restauration des bases productives des terres salées ) financé par le Fonds Vert Climat (FVC) et exécuté par le Centre de suivi écologique dans la région sœur de Fatick », a laissé entendre, Samba Sow, du cabinet AWEIC FARMING, qui présentait les leçons apprises du processus de formulation de ce dernier.
Les « apprenants » membres du COMRECC, parmi lesquels des autorités administratives locales (préfets et sous-préfets) fortement mobilisées, ont manifesté un grand intérêt à la présentation du village climato-intelligent de Daga Birame (commune de Ndiognick dans le département de Birkilane) qui est un modèle de projet d’adaptation dont la réussite a fait des émules… Chacun exprimant son désir de développer un tel outil pour son territoire avec un appel du pied à l’agence belge de développement (Enabel) qui appui la mise à l’échelle de cette initiative ainsi que d’autres approches similaires dans la région.
« Nous voulons un projet similaire pour le département de Malem Hodar » a lancé, l’adjoint au préfet dudit département, Abdou Khadre Diallo.
Dans la même veine, le représentant du conseil départemental de Birkilane a partagé une idée de projet « créditée » par la commune d’un fort potentiel qui pourrait contribuer significativement à la lutte contre les changements climatiques dans le département.
A l’invite d’un membre du COMRECC allant dans le sens de mettre en place un comité restreint au sein du COMRECC pour appuyer les collectivités territoriales dans l’élaboration de projets bancables visant le fonds vert climat, suite à l’exposé sur le financement des projets, la question du porteur légitime a attiré l’attention de l’assistance (Qui des collectivités territoriales à travers l’intercommunalité ou des conseils départementaux ?).
Selon un élu local présent dans la salle, « les entités territoriales n’ont pas les compétences pour élaborer des projets, ni la capacité fiduciaire pour prétendre au financement du fond vert climat. Par conséquent, le COMRECC avec l’appui de la direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts (DCCTEFV) pourrait apporter sa contribution pour permettre à la région d’écrire son premier projet éligible ».
La présentation du Plan d’action du COMRECC de la région 2020-2023 (non exécuté par faute de moyens), et la méthodologie et les résultats de l’étude de la situation de référence carbone réalisés dans le cadre du portefeuille thématique climat sahel (PTCS) de (Enabel) pour évaluer la contribution du programme à la réalisation des objectifs de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) du Sénégal, ont permis aux membres du COMRECC de constater la disponibilité de certaines données utiles, mais également, de croire en leur capacité, pour élaborer et exécuter des projets climat pour la région.



