Culture
Le Mvet, nouvel étendard de la diplomatie culturelle gabonaise à l’UNESCO
Le Mvet, nouvel étendard de la diplomatie culturelle gabonaise à l’UNESCO

AFRICALEADNEWS- (Gabon) L’inscription de cet art ancestral au patrimoine immatériel de l’humanité ouvre une ère de rayonnement international pour le Gabon, qui entend transformer ce succès diplomatique en levier de développement touristique et scientifique.
Le palais de la Rénovation a vibré au rythme de la culture traditionnelle lors de la remise officielle du certificat d’inscription du Mvet sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Reçus en audience, les acteurs culturels conduits par le Dr Nzamba Thierry ont présenté cette distinction au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, marquant l’aboutissement d’un processus entamé en décembre dernier.
Cette reconnaissance internationale consacre le Mvet comme un pilier identitaire majeur, symbole de mémoire et de transmission au sein de la sous-région. Porté par le Gabon en qualité de chef de file, ce dossier a associé le Cameroun et le Congo, illustrant la dimension transfrontalière d’un art qui pourrait prochainement s’étendre à la Guinée équatoriale.
Les discussions entre les autorités et les experts ont rapidement dépassé le stade de la simple célébration pour aborder des perspectives stratégiques concrètes. L’organisation d’un festival international et la tenue de rencontres scientifiques figurent parmi les priorités évoquées pour faire vivre ce label, tout comme la création d’infrastructures dédiées. Un projet de musée, envisagé dans la zone des trois frontières, pourrait ainsi devenir le cœur battant de cette valorisation patrimoniale.
Le chef de l’État a, pour sa part, insisté sur la nécessité de renforcer la transmission de cet héritage aux jeunes générations, tout en encourageant une coopération accrue avec les pays partenaires et les institutions internationales. En s’appuyant sur le succès de la deuxième édition de la Journée nationale du Mvet, célébrée le 21 mars, le pays confirme sa volonté de faire de ses racines un outil de « soft power » en Afrique centrale. Ce sacre à l’UNESCO ne se contente pas d’honorer le passé, il dessine les contours d’une diplomatie culturelle moderne où le Gabon s’affirme comme le gardien d’une sagesse millénaire tournée vers l’avenir.
Christelle Besseghe



