Gabon /Affaire Bob Mengome : SOS Prisonniers Gabon dénonce une mise au secret illégale
Gabon /Affaire Bob Mengome : SOS Prisonniers Gabon dénonce une mise au secret illégale

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’ONG de défense des droits des détenus a saisi le Procureur général près la Cour d’appel de Libreville ce lundi 9 février 2026. L’organisation alerte sur la situation de l’activiste Bob Mengome, incarcéré à la prison centrale, dont la famille est systématiquement privée de tout contact avec lui malgré la possession d’un permis de communiquer en bonne et due forme.
Incarcéré depuis le 19 janvier dernier pour des faits de trouble à l’ordre public, Bob Mengome se retrouve au cœur d’une procédure qui, selon SOS Prisonniers Gabon, bafoue les textes en vigueur. Depuis son placement en détention préventive, ses proches se heurtent à une fin de recevoir systématique à l’entrée de la prison.
Cette situation inquiète d’autant plus l’ONG que le prévenu n’a pas encore fait l’objet d’un jugement. « Bob Mengome n’a pas encore été jugé », rappelle l’association dans son communiqué, avant de préciser qu’« il bénéficie donc de la présomption d’innocence ». Pour les défenseurs des droits de l’homme, cette rigueur est injustifiée car « toute restriction à ses droits doit être strictement nécessaire et légalement motivée ».
Des entraves récurrentes aux droits de la défense
Cette entrave aux droits élémentaires n’est pourtant pas un cas isolé au sein de « Sans-Famille ». Récemment, le syndicaliste Marcel Libama, après y avoir brièvement séjourné, révélait que l’ancien ministre du Pétrole, Vincent de Paul Massassa, venait seulement d’obtenir l’autorisation de recevoir son épouse après plus de deux ans de détention au secret. De nombreux citoyens, bien que détenteurs de permis de communiquer, ainsi que des avocats, dénoncent une administration pénitentiaire qui semble se soustraire à l’autorité judiciaire.
Lors du procès de la « Young Team », plusieurs conseils avaient fustigé le fait de découvrir leurs clients le jour de l’audience, faute d’accès durant l’instruction. Pour SOS Prisonniers Gabon, « la privation prolongée de contacts familiaux constitue une violation de l’article 15 de la Constitution gabonaise ». L’organisation insiste sur le fait que « priver un détenu de tout contact avec ses proches, sans base légale, porte gravement atteinte à sa dignité, à son équilibre psychologique et à ses droits fondamentaux ».
Face à ce qui ressemble à une perte de contrôle des juges sur le régime de détention qu’ils ordonnent, l’ONG exhorte désormais les autorités à agir. « SOS Prisonniers Gabon appelle à l’intervention urgente du Procureur général », souligne le communiqué, afin que « la situation de Bob Mengome soit clarifiée sans délai ». L’organisation demande impérativement que « ses droits de visite et de communication soient rétablis », conformément aux engagements internationaux du Gabon.
Le rétablissement du lien familial est désormais suspendu à la décision du parquet général, dans un système où l’administration pénitentiaire ne doit plus pouvoir dicter sa propre loi au détriment de la justice.
Vigny Ngami-Tsiba



