Ziguinchor : Un marabout guérisseur, trafiquant de drogue tombe dans les filets de l’OCRTIS

 Africaleadnews – (Senegal) La Brigade régionale des stupéfiants de Ziguinchor a envoyé hier à la citadelle du silence un gros bonnet de la drogue qui se faisait passer pour un marabout guérisseur dans le quartier de Lyndiane, situé dans la périphérie de Ziguinchor. Ibrahima Kouyaté, c’est son nom. Né en Guinée Conakry, il a été appréhendé avec une valise contenant quatre (4) kg de chanvre et 126 cornets. La fouille opérée a son domicile par les limiers, a permis de découvrir 54 coupure de faux billets de 5.000 F et des paquets de préservatifs.  

Sur les faits : Les éléments de la Brigade Régionale des Stupéfiants de Ziguinchor avec à leur tête l’adjudant chef de police Pape Sarr Gueye, exploitant une information relative à un trafic de chanvre indien qui a pignon sur la rue à Lyndiane et entretenu par un soit disant marabout, ont investi le secteur dudit quartier depuis plusieurs jours en vue de vérifier l’information, de procéder à des recoupements et de surveiller les déplacements du suspect ou du présumé trafiquant de drogue.  C’est ainsi que le lundi 19 février 2018, à l’aide de leur informateur, les policiers vont entrés en contacte avec le soit disant marabout guérisseur Ibrahima Kouyaté qui menait ses activités à Lyndiane et  environs. En se faisant passer pour des clients intéressés par le produit illicite,  le chef de la Brigade a pris rendez-vous avec lui  pour simuler une transaction.

Pour ne pas éveiller de soupçons, ce dernier lui fixe un rendez-vous au stade Jules François Bocandé, ex stade Néma pour deux (02) kilogrammes à quarante cinq mille (45.000) francs le kilogramme. Le soit disant marabout, Ibrahima Kouyaté, accepte le deal avant de se rétracter en lui fixant un autre rendez-vous cette fois-ci devant le restaurant-bar «Casa Verdé».

A l’heure du rendez-vous le soit disant marabout va se pointer avec un sac vide pour d’abord identifier  l’élément de la police qui était en civil. Rassuré, il lui demande de l’accompagner chez son ami et compatriote le nommé Alexis Sangharélieu qu’il a désigné avoir stocké la marchandise afin de procéder à la livraison. Ce que le flic a accepté. Pendant ce temps, les autres éléments prédisposés sur le terrain ont suivi discrètement la scène. Arrivés devant une maison, celui qu’il a présenté comme étant son ami se présente et déclare en langue soussou au soit disant marabout que le sac qu’il a par devers lui ne peut pas contenir le magot, c’est-à-dire, tous les paquets de chanvre indien. Alexis Sangharé retourne à l’intérieur pour en ressortir avec une valisette contenant le chanvre. C’est dans ces circonstances, que les autres éléments de la Brigade ont intervenus pour les appréhender.

Fouillés, il a été découvert par devers le soit disant marabout Ibrahima Kouyaté un téléphone portable de marque «HUAWEI», des paquets de préservatifs et 54 coupures de faux billets de 5.000 FCFA. Après leur avoir notifié leur droit de constituer un conseil et recueilli leurs réponses, Ibrahima Kouyaté a été interrogé sommairement  sur l’origine de la drogue. Il déclare que, «le chanvre appartient à mon ami Alexis Sangharé. Je me chargeais juste de lui trouver un client moyennant un paquet de un (01) kilogramme de chanvre indien», a confié le faux marabout aux policiers enquêteurs. Ce qu’Alexis Sangharé réfute catégoriquement déclarant pour sa part que «le faux marabout lui avait confié les quatre (04) kilogrammes le temps d’aller à la rencontre de son client.»  Un transport fait dans une école coranique sis à Grand-Dakar que le soit disant marabout avait l’habitude d’y passer, a permis de mettre la main sur un autre stock de cent vingt six (126) cornets de chanvre indien et d’appréhender un nommé Ibrahima Diédhiou trouvé sur place entrain de fumer tranquillement un joint. Interrogé sommairement à son tour après lui avoir notifié son droit de constituer un conseil et recueilli sa réponse, il (Ibrahima Diédhiou) déclare à son tour aux limiers que le chanvre indien lui a été confié par Ibrahima Kouyaté.

Interrogé sur Procès Verbal, le soit disant marabout Ibrahima Kouyaté a reconnu les faits de détention et de trafic de chanvre indien qui lui sont reprochés et  a déclaré avoir agi pour le compte de son ami Alexis Sangharé qu’il a présenté comme le propriétaire des trois (03) autres paquets de chanvre indien. Par contre il reconnait après confrontation être le propriétaire des cent vingt six (126) cornets. Selon Ibrahima Kouyaté, il avait fixé le prix pour la somme de quarante cinq mille (45.000) francs, le kilogramme qu’il avait l’habitude d’acheter à quinze mille (15.000) francs à Bignona.

Poursuivant, il a déclaré avoir transporté dans le temps du chanvre indien depuis Bignona à l’aide des cars de transport en commun en utilisant des modes opératoires qui lui sont propres afin de déjouer la vigilance des forces de l’ordre préposées sur la route. Selon toujours ses déclarations, il se ravitaillait chez un certain Aliou Diatta établi à la sortie de Bignona. Lors de la perquisition de sa chambre qu’il a prise en location, un sachet contenant du chanvre indien en vrac a été découvert, ainsi que cinquante quatre (54) faux billets de banque en coupure de cinq mille (5.000) francs, un poste téléviseur probablement issu de son activité illicite.

S’expliquant sur son activité de marabout, il déclare être un marabout guérisseur et organise des séances de voyances moyennant cinq cent (500) francs. S’expliquant sur le genre de client qu’il a l’habitude de consulter, il (Ibrahima Kouyaté) a déclaré avoir reçu plus de femmes que d’hommes. Par rapport à son passé pénal, «j’ai été déféré au parquet de Ziguinchor et j’ai écopé trois (03) ans ferme pour avoir transporté dix (10) kilogrammes de chanvre indien », soutient-il. Ibrahima Kouyaté a été élargi en mai 2016 selon ses déclarations. Par rapport à sa personne, il est reconnu être un grand trafiquant de drogue et qu’il recrute le plus souvent des jeunes qui lui servent d’intermédiaire entre lui et ses clients s’ils ne sont pas ses vendeurs. Il utilise le statut de marabout afin de détourner plusieurs femmes qu’il convie dans des soirées dansantes où à la piscine comme en atteste des photos prises dans une piscine en compagnie de femmes disponibles sur son téléphone portable.

Quant à Alexis Sangharé, il a reconnu que toute la drogue était stockée dans sa chambre et que c’est de par devers lui que la drogue a été retrouvée. Selon ses déclarations, le marabout Ibrahima Kouyaté lui a demandé de la garder jusqu’à la nuit le temps d’aller à la rencontre de son client et qu’il n’était pas en mesure de lui refuser cette demande parce que le soit disant marabout Kouyaté lui a, à plusieurs reprises, rendu service. Mais, il ne savait pas qu’en acceptant de garder de la drogue chez lui, il courait un grand risque. Il a juré que les quatre (04) kilogrammes sont de la propriété du marabout Ibrahima Kouyaté. Il a déclaré être un fumeur occasionnel et que c’est le marabout qui lui offre sa dose quotidienne.

Quant à Ibrahima Diédhiou, il a reconnu que les deux (02) sachets contenant  respectivement cent quatorze (114) et douze (12) cornets ont été découverts dans sa chambre. Il a déclaré que c’est le marabout Ibrahima Kouyaté qui lui a confié lesdits sachets en lui promettant cinq mille (5.000) francs en guise de récompense. Il a également soutenu avoir pris un cornet dans un sachet pour en consommer. «C’est la première fois que j’ai accepté de garder du chanvre pour le compte du marabout», déclare-t-il lors de son interrogatoire.

Par rapport à sa personne, Ibrahima Diédhiou n’est pas contant dans ses déclarations tantôt il déclare une chose et son contraire en même temps. Il est décrit comme étant un des plusieurs jeunes recrutés par le soit disant marabout pour écouler ce produit illicite. Son milieu de prédilection reste le croisement situé près de la pharmacie Néma. Il a été décrit par les informateurs de la police comme étant très discret dans son activité de vente de drogue. La drogue constituée de quatre (04) kilogrammes saisis par devers le marabout Ibrahima Kouyaté et Alexis Sangharé, cent vingt six (126) cornets saisis par devers Ibrahima Diédhiou, les portables sont placés sous scellés distincts à la disposition du parquet. La mesure de garde à vue d’une durée totale de 43 heures s’est déroulée sans incident dans nos locaux. Ibrahima Kouyaté et ses deux complices Alexis Sangharé et Ibrahima Diédhiou ont été tous déférés au parquet de Ziguinchor où ils méditent sur leur sort.

 MOUSSA DIAW

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