Viaduc effondré en Italie: «ceux qui ont fait des erreurs devront payer»

En Italie, 24 heures après l’effondrement d’un viaduc à Gênes, le bilan continue d’augmenter : au moins 39 personnes ont été tuées, dont quatre Français, selon le Quai d’Orsay. Une trentaine de voitures et camions a été précipité dans le vide au moment d’un violent orage. C’est une immense tragédie. Les sauveteurs mobilisés en continu depuis hier tentent toujours de retrouver d’éventuels survivants coincés dans les ruines du pont. Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé devant la presse l’instauration d’un état d’urgence pour 12 mois à Gênes.

 

Ce mercredi 15 août à la mi-journée, les opérations de secours se poursuivent. En fait, jusqu’à présent, c’est principalement le lit asséché de la rivière qui a été déblayé. Maintenant, les sauveteurs se concentrent sur la zone construite, composée d’une succession de bâtiments industriels, sur laquelle une partie du pont s’est écroulé. Des pelleteuses continuent à passer. Il y a encore beaucoup de mouvements. Et le travail n’est pas fini, même si l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise.

« Réparation jusqu’au dernier centime »

Plusieurs personnalités politiques du gouvernement italien sont sur place, notamment le ministre des Transports, Danilo Toninelli, qui demande un audit des ponts et des tunnels du pays. Il réclame aussi la révocation de la concession de la société qui gère cette autoroute et promet réparation aux victimes de l’accident : « Le concessionnaires doit effectuer l’entretien des structures, qu’il soit ordinaire ou extraordinaire. Il doit aussi informer le gouvernement des travaux qui ont été réalisés. […] Mais il ne s’agit pas seulement de l’aspect technique. Il y a des responsabilités pénales et civiles. C’est la justice qui va s’en charger. Et je peux vous dire que le ministère des transports va se constituer partie civile, parce que les familles des victimes sont désespérées. Sans parler des proches de ceux qui sont encore sous les décombres. […] Même si l’argent n’a jamais soulagé la douleur, ils méritent réparation jusqu’au dernier centime ».

Par ailleurs, le vice-Premier ministre Luigi Di Maio et Danilo Toninelli viennent de faire une brève déclaration sur place pour répéter en fait ce qu’ils avaient déjà dit, à savoir que « ceux qui ont fait des erreurs devront payer ».

Un ouvrage constamment en travaux

Le procureur de Gênes disait tout à l’heure que le pont ne s’était pas écroulé par fatalité. Ce sont les mêmes mots qu’a employé Luigi Di Maio : « La société encaisse les péages les plus chers d’Europe et elle ne fait pas la maintenance ». La maintenance de cette autoroute qui rejoint la France et qui est faite de tunnels et de viaducs en continu.

Dans le même temps, comme le répètent à l’envi les habitants, ce pont était pourtant constamment en travaux. Ces derniers jours encore, il y avait des interventions de consolidation sur l’édifice. Alors les enquêteurs devront déterminer les responsabilités, mais ce sera la deuxième partie de leur travail. Pour l’instant, ils se concentrent encore sur la phase de secours et de recherches.

 

Les sauveteurs en action, le 15 août 2018, à Gênes, autour des débris du pont Morandi.REUTERS/Massimo Pinca

 


L’effondrement du viaduc Morandi en Italie n’est pas un accident isolé. Le drame de Gênes, c’est aussi la suite d’une série noire car ces dernières années au moins une demi-douzaine de ponts se sont affaissés dans tout le pays.

Sicile, décembre 2014. Tout le monde se félicite. Le viaduc qui surplombe la route entre Palerme et Agrigente vient d’être livré avec trois mois d’avance. Dix jours plus tard, catastrophe ; il s’écroule sans faire de blessés. La faute, peut-être, à un glissement de terrain sous l’un des pylônes. Personne n’a jamais vraiment enquêté. Reste son surnom : le « pont des dix jours »…

Il y a deux ans, dans la région de Milan, sur une départementale, un poids-lourd s’engage, la structure cède. Bilan : un mort. Quelques heures plus tôt, des automobilistes avaient signalé l’apparition d’un tas de gravats au pied de la passerelle

Au printemps, l’an dernier, près de Turin un pont s’effondre sur la rocade qui contourne la ville de Fossano. L’ouvrage avait été inauguré moins de 20 ans auparavant. Miracle : ce jour-là, la police faisait des contrôles routiers. et retenait tous les véhicules pour vérifier leurs papiers.Aucune victime

Un mois plus tôt, mars 2017, dans l’est de l’Italie, l’un des passages qui enjambent l’autoroute A14 craque d’un seul coup. Deux personnes tuées, deux autres gravement atteintes. Au total, presque dix incidents du même type dans le pays depuis 2010.

 

Auteur: rfi – RFI

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