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Saputo: désormais au premier rang en Australie

Saputo vient de conclure l’une des acquisitions les plus importantes de son histoire. En mettant la main sur Murray Goulburn pour 1,3 G$, le géant montréalais devient le plus important transformateur laitier en Australie. Le Journal en a discuté avec le PDG Lino Saputo, Jr.

Murray Goulburn connaît des difficultés depuis plusieurs années. Pourquoi était-ce si important pour vous d’acheter cette entreprise-là ?

Nous cherchons des pays qui ont des surplus de lait qu’on peut transformer et exporter. Seulement trois pays sont très compétitifs quant au prix du lait : l’Argentine, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. C’est pourquoi Murray Goulburn est très intéressant pour nous. Avec notre précédente acquisition en Australie, Warrnambool, nous avons désormais une plateforme très forte dans ce pays.

Est-ce que Murray Goulburn exporte beaucoup en Asie en ce moment ?

Ils le faisaient beaucoup à l’époque, mais dans les dernières années, ils n’ont presque pas pu le faire après avoir perdu beaucoup d’approvisionnements laitiers à cause de certaines décisions qu’ils ont prises. Ils sont passés de 3,5 milliards à 1,9 milliard de litres de lait. Notre premier objectif est donc d’aller chercher plus de lait pour aller à l’international en plus de respecter les contrats existants en Australie. Saputo est déjà présent dans une quarantaine de pays, dont le Japon, la Corée du Sud, la Thaïlande et la Chine.

Combien de temps vous donnez-vous pour redresser la situation ?

Nous pensons que dans la première année, nous pourrons accroître les volumes de lait et améliorer les processus de transformation. Cela dit, les usines de Murray Goulburn fonctionnent actuellement à 40 ou 50 % de leur capacité totale. Il nous faudra probablement de deux à trois ans avant d’atteindre une capacité où nous pourrons être pleinement efficaces.

Serez-vous en mesure d’effectuer d’autres acquisitions au cours des prochains mois ?

Oui, on peut s’attendre à d’autres acquisitions. Même avec cette transaction, nous avons encore une flexibilité financière de plus de 3 G$. Nous ciblons les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Vous n’avez jamais été un grand défenseur de la gestion de l’offre dans le secteur laitier au Canada. Espérez-vous que la renégociation de l’ALENA vous apporte de bonnes nouvelles ?

Qu’on garde ou qu’on abolisse le système existant, ça ne change pas les perspectives pour notre entreprise. On ne fait donc pas de lobbying là-dessus auprès du gouvernement. On est capables d’affronter toutes les circonstances. Peu importe ce qui va arriver, on va s’adapter.

Pourriez-vous exporter à partir du Canada si la gestion de l’offre était assouplie ?

Si le prix du lait au Canada était compétitif avec celui de l’Australie, de l’Argentine et de la Nouvelle-Zélande, on pourrait faire de l’exportation, mais ce n’est pas le cas. Ce n’est pas à moi de décider du système au Canada, je laisse ça aux producteurs laitiers.

Dans le cadre du libre-échange avec l’Union européenne, les quotas d’importation de fromage européen sont à la hausse. Y a-t-il un impact sur vos ventes de fromage au Canada ?

Pas vraiment. La période de transition est de cinq ans. Nous sommes dans la première année, alors la hausse des quotas est encore minime. À la cinquième année, il y aura plus d’impact, mais ça restera gérable pour nous.

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