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SANTÉ – Chirurgie esthétique au Sénégal 

Africaleadnews – (Sénégal) La chirurgie esthétique était inexistante au Sénégal. Les personnes désirant y avoir recours devaient se rendre en France etc. Ce qui, doublé du prix des interventions revenait à une petite fortune. Désormais, cela se passe ici. Le docteur Mookherjee, chirurgien esthétique officiant depuis 30 ans à Paris nous explique pourquoi il vient à Dakar tous les mois pratiquer des interventions  relevant et  de l’esthétique, et du mieux-être. 

«… la première dame souhaitait qu’un projet pour la chirurgie réparatrice soit mis en place »

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis chirurgien plasticien installé depuis 30ans à Paris après mes études médicales et la spécialisation à Paris (une quinzaine d’années en tout). Je suis d’origine indienne et française ce qui m’a aidé à m’intégrer partout où j’allais, comme lors des missions de chirurgie réparatrice de médecins du monde.

Qu’est ce qui vous a poussé à faire de la chirurgie esthétique votre spécialité ? L’évènement – si évènement il y a – qui a orienté votre choix de carrière ?

De famille médicale, j’ai toujours baigné dans le milieu, et c’est un chirurgien plasticien qui m’expliquant son métier, m’a donné le déclic dès l’âge de 11ans et créé cette vocation qui ne m’a jamais quitté.

 

«…j’ai pu voir des patients démunis qui faisaient la queue pour une intervention d’esthétique alors que leur pays était en ruine »

 

De par son coût et la notion même « d’esthétique » la chirurgie esthétique est souvent considérée comme un luxe. L’Afrique est pour la plupart  – et malgré les forts taux de croissance enregistrés dans certains pays notamment le Nigéria, le Sénégal –toujours considéré comme LE continent rimant avec pauvreté. Quand vous êtes vous rendu compte que les notions Afrique et chirurgie esthétique pouvaient être accolées ? 

L’inde est un pays du tiers monde et beaucoup d’autres pays ou j’allais après des guerres sont pauvres aussi. Mais l’être humain est toujours a la recherche de la beauté et quelques soient les conditions, il aspire à vouloir le meilleur pour lui-même, dès que ses besoins vitaux – nourriture et toit –  sont comblés. Ainsi, j’ai pu voir des patients démunis qui faisaient la queue pour une intervention d’esthétique alors que leur pays était en ruine. L’Afrique n’échappe pas à cette demande amplifiée maintenant par l’usage de l’internet qui y est très répandu. Et aussi par la coquetterie des femmes africaines. Il est donc tout à fait naturel que cette demande explose maintenant.

L’Afrique est un continent à fort potentiel qui voit une classe moyenne aisée et aisée se massifier. Croyez-vous à un boom de la chirurgie esthétique au Sénégal, pays où vous pratiquez?

La courbe de la chirurgie esthétique suit bien entendu la courbe d’augmentation de la classe moyenne qui contrairement a ce qu’on pourrait penser contribue à la majeure partie des interventions effectuées dans les pays occidentaux. Le boom s’il a lieu, dépendra donc de conditions économiques favorables à la classe moyenne.

Pouvez vous nous donner une idée de la fréquence  de votre présence en sol sénégalais sur une période disons, d’un an?

J’essaye d’être là tous les mois sauf pendant l’hivernage ou il y a plus de risques infectieux à cause de la chaleur.

Comment en êtes-vous venu à également intervenir au Sénégal ?

Au départ, tout à fait par hasard car je ne connaissais personne au Sénégal. Des collègues avaient des relations avec l’ex président Wade et la première dame souhaitait qu’un projet pour la chirurgie réparatrice soit mis en place. C’est ainsi que je suis venu la première fois. Puis le plaisir de venir à Dakar a fait le reste.

Quelle différence entre chirurgie esthétique, plastique et réparatrice ?

La chirurgie plastique et réparatrice répare les victimes d’accidents, brulures, anomalies de naissance, cancers, et autres causes médicales d’atteinte de l’intégrité du visage et du corps.

La chirurgie esthétique est une chirurgie de la réparation psychologique dite de confort ou de l’image de soi qui traite les causes non médicales d’anomalies du visage et du corps.

Pratiquez-vous également la chirurgie réparatrice ?

J’ai été d’abord formé en chirurgie réparatrice mais je me suis spécialisé en esthétique. Je continue néanmoins à pratiquer la chirurgie réparatrice pour les cas qui ne nécessitent pas des infrastructures hospitalières lourdes.

En matière de chirurgie esthétique, est-ce la demande au Sénégal qui a créé l’offre ou l’offre qui a créé la réponse que pour une part, vous représentez ?

Je pense qu’au Sénégal il y a une forte demande mais l’offre parait insuffisante quand je vois le nombre important de personnes qui partent à l’étranger pour se faire opérer : Tunisie, Maroc, Liban, France notamment.

Au Sénégal, quels secteurs constituent le plus gros de vos activités ? Les interventions invasives ou non invasives ?

C’est surtout les interventions chirurgicales esthétiques qui sont le plus demandées car s’il y a plusieurs praticiens qui pratiquent la chirurgie réparatrice ou les techniques non invasives, la chirurgie esthétique reste peu pratiquée.

 

« interventions sur le visage et le corps…. augmentation ou la réduction des seins, la liposuccion… interventions sur le nez et depuis peu, l’augmentation des fesses»

De quels genres sont-elles ?

Il s’agit d’interventions sur le visage et le corps et les plus fréquentes sont l’augmentation ou la réduction des seins, la liposuccion, les interventions sur le nez et depuis peu l’augmentation des fesses qui est une demande tout a fait locale.

Est-ce en ambulatoire ou non ?

La plupart des interventions se font avec une nuit d’hospitalisation par sécurité sauf s’il s’agit de cas très légers.

Dans le cas d’hospitalisation, où les malades sont-ils hospitalisés et comment se passe le suivi desdits malades ?

La clinique de la Madeleine à Dakar est parfaitement équipée pour ces interventions, avec des anesthésistes compétents qui font le suivi ainsi que des infirmières spécialisées, ce qui rassure beaucoup les patients.

Aviez-vous des a priori vis à vis de l’Afrique avant de vous rendre ici au Sénégal ? Si oui de quels types ?

Le fait de créer ex nihilo une spécialité n’était pas évident au départ, mais avec une équipe locale soudée et très dévouée et les moyens mis à disposition par la clinique selon les standards internationaux, on est ici comme à Paris, dans un cadre très sécuritaire.

Quelques appréhensions tout de même ?

Il y a toujours des risques médicaux particuliers liés au diabète, au paludisme, aux risques infectieux en période chaude, donc une sélection des patients évite les complications.

Qu’est ce qui vous a le plus surpris ?

Au point de vu médical, le blanchiment de la peau qui est une destruction de celle-ci et un non-sens esthétique. Du point de vue du pays, la gentillesse des habitants et leur façon de rire de tout.

Que disent vos confrères lorsque vous leur dites que vous partez opérer au Sénégal ? Vous trouvent-ils par trop téméraire ?

La plupart oui car ils ont une image un peu  « humanitaire » de l’Afrique en général et n’imaginent pas les moyens qui existent pour une chirurgie de ce niveau à Dakar.

La peur du botox « déformeur de faciès » ou « figeur de faciès » est-elle justifiée ?

Non bien entendu, tout est une question de dosage et de savoir-faire et c’est une des plus extraordinaires techniques inventées dans les vingt dernières années avec un taux de satisfaction inégalé.

Le botox se résorbe t’il avec le temps ?

Le produit se résorbe en 6 mois en moyenne.

Les célébrités ont pourtant un fort pouvoir financier mais beaucoup d’entre elles se retrouvent avec des visages déformés qui ne donnent pas envie d’avoir recours à la chirurgie esthétique que ce soit sous forme d’injection, de produits comblant ou de liftings. La raison de ces ratés ?

Les trains qui arrivent à l’heure ne font pas la une des journaux. 90 % des chirurgies sont invisibles pour les non spécialistes. Certains cas d’exagération dans la demande ou de demandes de transformation sont en effet à déplorer car ils jettent l’opprobre sur toute une spécialité qui a fait ses preuves maintenant au vu de la demande croissante.

 

« … il y a une obligation de moyens – mettre toutes les chances du côté du patient – mais pas une obligation de résultat car il n’y a pas de risque zéro»

 

En chirurgie esthétique, le chirurgien n’est-il pas tenu à une obligation de résultat ?

En France il y a une obligation de moyens – mettre toutes les chances du côté du patient –  mais pas une obligation de résultat car il n’y a pas de risque zéro. C’est pour cela que le patient doit avoir été bien informé et avoir bien réfléchi aux risques avant de prendre sa décision et signer une feuille de consentement éclairé.

Existe-t-il des opérations que vous refusez systématiquement de faire ?

Toutes les opérations qui présentent un risque pour le patient parce que les conditions médicales ou psychologiques ne sont pas réunies ou que les demandes sont extravagantes ou farfelues.

Avez-vous déjà eu à faire à des personnes atteintes de dimorphisme et qui voulaient se faire tout opérer ?

En fait il s’agit de dysmorphophobie qui est une maladie psychiatrique et qui représente 10% des demandes en chirurgie esthétique. Nous savons les détecter et évitons de les opérer car la chirurgie n’est pas la solution dans leur cas.

Pouvez vous nous parler de la crème Biotulin que d’aucuns créditent sous le nom de « botox bio » ?  Est-ce un effet d’annonce où a-t-elle réellement les mêmes résultats que le botox en injection?

Pour le moment le seul traitement connu et efficace est le botox injectable mais dans l’avenir d’autres moyens seront inventés, c’est certain.

 

«… je lui avais reconstruit la mâchoire qu’elle n’avait pas, à cause d’un défaut congénital…»

 

En chirurgie esthétique, pouvez-vous nous dire le cas qui vous a le plus marqué ?

J’ai eu récemment la visite d’une jolie jeune femme étrangère d’une trentaine d’années qui venait car 30 ans auparavant quand elle était bébé je lui avais reconstruit la mâchoire qu’elle n’avait pas, à cause d’un défaut congénital et depuis elle avait eu une vie normale, s’était mariée, avait eu des enfants. Elle avait tenu à me retrouver, me remercier et me dire comme cette chirurgie avait transformé sa vie. Je ne sais pas qui était le plus ému des deux !

Enfin la chirurgie esthétique est-elle la panacée ?

Non elle aide à retrouver confiance en soi et c’est déjà important pour avancer dans la vie

En quelques mots, comment la qualifieriez-vous ?

C’est une chirurgie artistique et psychologique qui doit être pratiquée avec beaucoup de sérieux.

 

Site : www.lachirurgie-esthetique.com

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