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Sanctions contre l’Iran: Paris veut «protéger les intérêts des entreprises»

Africaleadnews – (Iran) L’annonce de Donald Trump, mardi soir, de retirer son pays de l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, et de rétablir des sanctions contre Téhéran, n’en finit pas de susciter des réactions de désapprobation à travers le monde, si l’on excepte l’Arabie saoudite et Israël, seuls pays à soutenir le chef de la Maison Blanche. Les Etats-membres de l’UE promettent dans un communiqué conjoint de respecter l’accord de Vienne. A Paris, l’Elysée assure que la France et les Européens feront « tout » pour protéger les intérêts de leurs entreprises.

 

A l’Elysée, au lendemain de la décision de Donald Trump, on assure que la priorité de la France est bien de préserver l’accord tel qu’il existe. « Non, cet accord n’est pas mort », martelait également le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, chez nos confrères de RTL ce mercredi matin.

« C’est un accord qui a été signé par plusieurs partenaires membres du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne, plus l’Union européenne, la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne et la France. Cet accord n’est pas caduc puisque l’Iran l’a aussi signé, évidemment. Nous voulons le respecter », aassuré M. Le Drian.

C’est « un accord qui permet la sécurité dans la région », estime le ministre. « Donc, nous voulons rester dans cet accord, faire en sorte aussi que l’Iran y reste. Il respecte aujourd’hui les termes de l’accord. L’AIEA le montre, il faut que les Iraniens poursuivent cette détermination à rester dans l’accord, en échange d’avantages économiques que les Européens vont essayer de préserver. »

Les entreprises doivent pouvoir rester en Iran

Car s’il est impensable, aux yeux des Européens, que Téhéran ait des activités nucléaires clandestines ou militaires, la grande question, c’est comment faire pour que Téhéran conserve les bénéfices de la levée des sanctions, et donc comment faire pour que les entreprises européennes continuent à travailler en Iran ?

Des entreprises qui pourraient être sanctionnées par les Etats-Unis, comme l’a pointé Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie, qui s’est indigné que les Etats-Unis se positionnent en « gendarme économique de la planète ».

Rédac France Culture@FC_actu

« Il n’est pas acceptable que les Etats-Unis soient le gendarme économique de la planète » lance @BrunoLeMaire sur @franceculture. Le ministre appellera le secrétaire au Trésor US et discutera d’éventuelles « exemptions » pour les entreprises européennes.

La France pense que des solutions existent et qu’une réponse doit être trouvée au niveau européen, car la question est d’une grande complexité juridique. Et, souligne-t-on à l’Elysée, les Européens doivent rester unis et maintenir le dialogue avec Washington.

Les contacts se poursuivent à tous les niveaux

RÉÉCOUTEZ NOS ÉDITIONS SPÉCIALES DU 9 MAI SUR LES CONSÉQUENCES DU RETRAIT AMÉRICAIN DE L’ACCORD DE VIENNE
Première partie (7h10-7h30 heure de Paris)09/05/2018 – par Arnaud PontusÉcouter
Deuxième partie (8h10-8h30 heure de Paris)09/05/2018 – par Arnaud PontusÉcouter

La décision américaine était attendue, rappelle Paris, et des discussions ont été entamées avant son annonce mardi soir. D’ailleurs, dans un entretien téléplonique avec son homologue américain, le président Macron a insisté en soirée sur la nécessité de tout faire pour éviter une escalade des tensions dans la région.

Le président français devait également s’entrenir ce mercredi par téléphone avec le président Rohani. Et les ministres des Affaires étrangères des trois pays européens signataires de l’accord de 2015 – France, Allemagne, Royaume-Uni – rencontreront lundi prochain des représentants de Téhéran pour voir comment le préserver.

Paris travaille par ailleurs sur deux axes, puisqu’il est aussi question d’élargir cet accord à trois autres sujets : l’avenir du contrôle des activités militaires de l’Iran après 2025, le programme balistique de l’Iran et son implication dans les crises régionales.

Les axes de réflexion de l’Elysée

Précision importante de l’Elysée, il s’agit de deux axes complémentaires mais bien distincts. D’une part, sauvegarder l’accord tel qu’il existe, sans y toucher, même sans les Etats-Unis, et par ailleurs travailler sur ces trois autres points. Paris souligne que cette idée d’élargissement du dialogue, le président Macron l’avait évoquée dès septembre dernier. Et que le président Rohani, dans ses conversations avec son homologue français, a fait preuve d’un état d’esprit « ouvert ».

Mais en plus de la difficulté à trouver une solution sur les sanctions, il y a une grande inconnue : quelle sera la marge de manœuvre du président iranien, dont la position intérieure est affaiblie. Pour l’instant, l’Iran se dit prêt à poursuivre le dialogue mais si les conservateurs iraniens poussent l’option d’un retrait, alors les efforts européens pourraient s’avérer vains.

RFI

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