Soccer Football - World Cup - Semi Final - France v Belgium - Saint Petersburg Stadium, Saint Petersburg, Russia - July 10, 2018 President of France Emmanuel Macron (C) celebrates as FIFA president Gianni Infantino (L) looks on at the end of the match REUTERS/Toru Hanai

L’équipe de France en finale de la Coupe du Monde 2018: un prétexte idéal pour l’opposition anti-Macron

Plus encore que le football, la politique reste un sport de combat. Alors que la France se remet à peine de la qualification des Bleus pour la finalede la Coupe du Monde en Russie, après une nuit de liesse qui a vu des dizaines de milliers de supporters défiler sur les Champs-Elysées, plusieurs cadres de l’opposition se sont saisis de l’euphorie générale pour s’en prendre au président de la République et à sa politique.

Invitée ce mercredi 11 juillet sur CNews, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a salué « l’élan patriotique, (l’)attachement à la nation de tous ceux qui sont descendus hier avec leurs drapeaux français » tout en regrettant que « ça ne fera pas disparaître (les) inquiétudes, ça ne fera pas disparaître les dangers de l’insécurité et du terrorisme, ça ne fera pas disparaître les fins de mois difficiles ».

Evoquant la joie qui avait suivi le sacre de la France et de son équipe « black, blanc, beur » en 1998, la députée du Pas-de-Calais a jugé « à côté de la plaque » ceux qui chercheraient « à instrumentaliser cette victoire » avec « 20 ans de retard ». Ciblant Emmanuel Macron, qui avait fait le déplacement en Russie pour cette demi-finale et qui a promis de revenir pour la finale de dimanche, Marine Le Pen l’a sommé de se concentrer sur « la politique qui est menée en France, et sur laquelle il y a beaucoup à dire, et qu’il laisse les Bleus aller jusqu’à la victoire ». Avant de le mettre en garde: s’il « pense que les conséquences de sa politique vont être balayées par une victoire des Bleus, il risque d’être déçu ».

Avant elle, l’élu RN Julien Odoul avait dénoncé « la récupération politique des élites du ‘vivre-ensemble' ». « Non la victoire de l’Equipe de France n’est pas celle du métissage et de l’immigration, nos Bleus n’ont rien à voir avec les migrants ».

Deschamps, un exemple à suivre pour Macron

Plus mesuré, le nouveau vice-président du parti Les Républicains, Jean Leonetti a préféré tiré son chapeau au sélectionneur Didier Deschamps pour mieux tacler le récent discours prononcé par le chef de l’Etat devant le Congrès. Didier Deschamps « agit beaucoup et il s’exprime très peu, peut-être que le président de la République devrait s’inspirer de son action », a ironisé l’ancien député des Alpes-Maritimes, insistant sur « la discrétion au service de l’efficacité » et le choix du sélectionneur de faire « très peu de com' » ce qui est, « au fond, peut-être un modèle pour les politiques ».

Du côté de la France insoumise, plusieurs cadres, dont Jean-Luc Mélenchon, ont regardé le match à l’Assemblée nationale où les députés planchaient sur le très délicat projet de révision constitutionnelle. Une concomitance dont s’est saisi le député Adrien Quatennens pour dénoncer une réforme examinée ne catimini: « Pendant que le Peuple fête la qualification en finale de son équipe nationale, Macron les siens poursuivent leurs mauvais coups contre lui. »

Adrien Quatennens

@AQuatennens

Pendant que le Peuple fête la qualification en finale de son équipe nationale, et les siens poursuivent leurs mauvais coups contre lui. C’est la souveraineté populaire au cœur que @JLMelenchon intervient contre la et pour un référendum.

Un sentiment appuyé par le porte-parole des députés communistes, Sébastien Jumel, qui a raconté être allé voir le match avec plusieurs de ses camarades dans « un troquet parisien », avant de s’interroger: « passé ce bonheur éphémère, je me suis demandé qu’est-ce qui peut justifier qu’en pleine torpeur de l’été, alors que les Français fêtent la victoire de leur équipe, nous examinions ce texte important, si ce n’est quelque chose à cacher ».

Au final, tout était un bon prétexte pour s’en prendre au gouvernement, à son agenda de réformes et à sa politique. Le député Eric Coquerel n’a pas digéré le message posté par Emmanuel Macron, demandant aux Bleus de « rapporter » la Coupe du Monde en France dimanche prochain.

 

Eric Coquerel

@ericcoquerel

Pour la rapporter ? Y a vraiment que l’argent qui compte pour @EmmanuelMacron . En foot on dit « la remporter ».

Emmanuel Macron

@EmmanuelMacron

On est en finale. Rendez-vous dimanche pour la rapporter. #FRABEL

Même la liesse populaire sur les Champs-Elysées n’a pas été du goût de tout le monde. Visiblement aigre de n’avoir pas réussi à empêcher l’adoption des loi « antisociales du gouvernement », l’ancien candidat du NPA à la présidentielle, Philippe Poutou, a ironisé sur le « réveil de la population qui se mobilise enfin contre les licenciements ou pour l’accueil des réfugiés ».

 

Philippe Poutou

@PhilippePoutou

Il se passe quoi ce soir sur les champs Élysées ? Y a du monde bizarre ! Y a une manifestation contre les attaques antisociales du gouvernement ? Un réveil de la population qui se mobilise enfin contre les licenciements ou pour l’accueil des réfugiés ? Ça devait arriver. Ouf.

Philippe Poutou

@PhilippePoutou

C’est donc ça, le tous ensemble et le vivre ensemble ? Juste une place en finale ? Le temps d’oublier nos malheurs comme si ça pouvait les effacer ? Et puis tout reviendra à la normale, tout le monde reprendra sa place ? N’est-ce pas artificiel et manipulateur quelque part ?

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