La franco-malienne Dia Sacko ou « la rage de transformer le Mali »

Après une dizaine d’années en Europe, la franco-malienne Dia Sacko, s’installe à Bamako, avec « la rage de transformer le Mali » (PORTRAIT)

Après une dizaine d’années passées en Europe, la franco-malienne Dia Sacko, est revenue à l’été 2017 à Bamako, avec « la rage de transformer le Mali », grâce à des projets pouvant « unir » les Maliens.

La tête pleine d’idées et de projets, Dia quitte la France et foule le sol malien, en août 2017, sans son mari et ses enfants, pour poursuivre un rêve: celui de « transformer le Mali », son pays qu’elle « aime tant ».

« Nous sommes à une époque où le Mali a besoin de ses enfants, qui peuvent apporter quelque chose de très bénéfique et je me suis dis oui, il est temps d’aller donner un coup de main », confie la trentenaire, assoiffée de la « fraternité malienne », par-dessus tout.

Née dans les années quatre-vingt, Dia Sacko a grandi à Bamako, où elle a fait ses études jusqu’à l’obtention d’une maîtrise en Lettres modernes à l’université de Bamako, en 2007.

Partie en France, pour poursuivre sa formation, elle obtient une licence en Science de l’éducation 2013, puis un master en Lettres et recherches en 2015, à l’université de Toulouse le Mirail, Jean-Jaurès.

Ses diplômes en poche, Dia Sacko, qui a travaillé dans la fonction publique en France, a renoncé à son « confort de vie » pour regagner sa terre natale, parce que « consciente du rôle que chaque Malien doit jouer pour une sortie de crise », explique-t-elle.

Elle fait fi des interprétations que son choix pourrait susciter, car dans son pays d’origine, la majorité des jeunes cherchent à immigrer en France, souvent au prix de leurs vies. Voir une personne en situation régulière, retourner délibérément au Mali, est souvent mal vu, mais Dia préfère « écouter (son) cœur ».

Prendre la décision de rentrer au pays « n’a pas été facile, c’est une nécessité, et ma famille est d’accord avec mon choix », soutient la jeune dame, qui compte sur la compréhension et la « patience » son époux français et de leurs enfants, restés dans l’hexagone.
Depuis son arrivée, la jeune dame au mètre soixante, a participé à plusieurs activités, notamment aux différents mouvements pour la libération de Amadou Dioum (un inspecteur pris en otage par des hommes armés dans le Centre du Mali en avril avant d’être libéré en septembre 2017).

Lors de la 11e édition des Rencontres de Bamako (2 décembre 2017 au 31 janvier 2018), biennale africaine de la photographie, elle s’est occupée de la presse malienne et celle des autres pays africains.

Journaliste et actuellement consultante en édition, cette friande du « toh » (plat national, fait à base de farine de mil, maïs et accompagné de sauce gombo) travaille à la relance des Editions du Sahel et se consacre à l’écriture d’un  roman, « Diarabi » (amour en malinké), qui évoque une « histoire d’amour ».

La franco-malienne, attachée à la culture de son pays malgré plusieurs années passées en France, n’écoute que la Kora (instrument musical traditionnel), à ses heures perdues, ou aller au cinéma avec des amies.

Membre active du projet « Transformons le Mali », elle et ses collaborateurs invitent les jeunes Maliens à soumettre leurs idées dans plusieurs domaines de développement, pouvant transformer le pays, sur le site internet du projet.

« Transformer le Mali, c’est fédérer toutes les  bonnes idées des Maliens d’ici et de la diaspora au tour d’un projet commun, qui est le Mali », argumente la jeune dame.

Son amie des années 2000, qu’elle a rencontrée à l’université de Bamako, Aicha Sanogo, la décrit comme une personne « acharnée aux idées positives », tout en l’invitant « à prioriser l’essentiel des nombreuses idées qu’elle a en tête ».

Serait-elle tentée un jour par la politique ? « J’ai l’âme d’une citoyenne mais pas d’une politicienne. Mais je peux soutenir quelqu’un comme Mountaga Tall (président du Congrès national d’initiative démocratique, Cnid, opposition), qui est une famille pour moi », répond cette aînée d’une fratrie de sept enfants.

Professionnellement, Dia Sacko a les « compétences et la rigueur de réussir dans toutes ses entreprises, analyse Ousmane Traoré, l’un de ses premiers collaborateurs depuis son retour à Bamako. Cependant, poursuit-il, « elle doit se donner un peu de temps de repos », car elle « accumule trop de projets en même temps, ce qui n’est pas facile à mener ».

Salif Sakhanokho

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